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Économie

Nusantara, le rêve contrarié de la nouvelle capitale indonésienne

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Le transfert de la capitale indonésienne vers Bornéo, projet phare de l’ancien président, marque le pas sous la nouvelle administration. Entre réductions budgétaires et priorités politiques divergentes, l’avenir de cette cité administrative reste incertain.

Les larges avenues et le palais présidentiel aux lignes audacieuses de Nusantara semblent attendre des habitants qui ne viennent pas. Un an après son inauguration symbolique, la future capitale de l’Indonésie présente encore tous les traits d’une ville en suspens. Seulement un millier de fonctionnaires municipaux et quelques centaines d’agents ministériels résident actuellement sur place, loin des objectifs initiaux qui tablaient sur deux millions d’habitants à l’horizon 2045.

Le successeur de Joko Widodo, Prabowo Subianto, affiche clairement ses priorités ailleurs. Son gouvernement a substantiellement réduit le financement du projet, privilégiant des programmes sociaux d’envergure, notamment la distribution de repas gratuits dans les écoles. Le budget alloué à Nusantara pour 2026 a été ramené à une fraction des montants initialement prévus, reflétant un changement notable dans la volonté politique.

Les observateurs pointent un ralentissement manifeste des travaux depuis la transition présidentielle. L’absence de décret officiel actant le transfert de la capitale depuis Jakarta contribue à entretenir le flou autour du calendrier. Pourtant, l’administration locale maintient un discours optimiste, assurant que les infrastructures gouvernementales sont achevées à près de 98 pour cent.

Sur le terrain, le contraste est saisissant entre les bâtiments publics déjà functionalistes et les zones résidentielles encore en chantier. Les équipements de base restent limités. Si trois hôpitaux et quelques commerces sont opérationnels, l’aérott n’a pas encore reçu l’autorisation d’accueillir des vols commerciaux réguliers.

Malgré ces incertitudes, Nusantara attire curieux et investisseurs. Les premiers résidents se déclarent satisfais des conditions de vie offertes, vantant un confort moderne et un environnement préservé. Les touristes, encore peu nombreux, photographient le palais présidentiel dont l’architecture s’inspire du Garuda mythologique.

Pour les entreprises locales qui avaient anticipé un afflux massif de population, la déception est cependant palpable. Certains commerçants rapportent une chute drastique de leur chiffre d’affaires depuis le changement d’administration. La question financière reste centrale. Le gouvernement peine à mobiliser des investissements étrangers, essentiels pour mener à bien ce projet estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

L’avenir de Nusantara dépendra largement de la capacité du pouvoir à concilier ambitions symboliques et réalités économiques. Sans une impulsion politique forte, ce projet urbain hors norme risque de rester inachevé, devenant le symbole coûteux d’une transition politique inaboutie.

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