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Nayib Bukele, l’homme fort du Salvador qui défie les conventions

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Le président salvadorien, réélu avec une écrasante majorité, consolide son pouvoir tout en cultivant une image décontractée, malgré les critiques sur son respect des libertés fondamentales.

Le Parlement salvadorien a adopté jeudi une réforme constitutionnelle permettant à Nayib Bukele de se représenter sans limitation à la magistrature suprême. Ce changement, voté par une assemblée largement acquise à sa cause, ouvre la voie à un troisième mandat en 2027, prolongé à six ans au lieu de cinq. Une décision qui renforce l’emprise politique d’un dirigeant déjà réélu en juin dernier avec près de 85 % des suffrages, malgré une interdiction initiale de briguer un second mandat, contournée grâce à une Cour suprême favorable.

Avec son style délibérément informel – jeans, t-shirts et casquettes portées à l’envers –, le chef de l’État cultive une image de dirigeant moderne, loin des codes traditionnels du pouvoir. Son aisance sur les réseaux sociaux, où il compte des millions d’abonnés, lui permet de s’adresser directement à la population, usant souvent d’ironie pour répondre aux accusations de dérive autoritaire.

Sa politique sécuritaire, marquée par un état d’urgence en vigueur depuis 2022, a profondément transformé le pays. Les arrestations massives de membres présumés de gangs ont fait chuter le taux d’homicides, passant de 106 pour 100 000 habitants en 2015 à moins de 2 aujourd’hui. Mais cette approche musclée soulève des inquiétudes quant aux libertés individuelles, avec plus de 87 000 personnes incarcérées, dont certaines sans preuve tangible, selon des organisations de défense des droits humains.

Sur le plan économique, Nayib Bukele a fait du Bitcoin une monnaie légale, défiant les mises en garde des institutions financières internationales. Une audace qui reflète sa volonté de marquer son indépendance, tout comme son alliance affichée avec l’ancien président américain Donald Trump dans la lutte contre l’immigration illégale.

Issu d’une famille d’origine palestinienne, l’homme de 44 ans a entamé sa carrière politique sous la bannière de la gauche avant de fonder son propre mouvement, Nuevas Ideas, en 2017. Son discours anti-corruption et sa promesse de restaurer l’ordre lui ont valu un soutien populaire massif, malgré les accusations de méthodes répressives.

Alors que les critiques internationales s’accumulent, Nayib Bukele assume pleinement sa ligne, déclarant sans ambages préférer être qualifié de dictateur plutôt que de laisser son pays sombrer dans la violence. Une posture qui continue de diviser, entre admiration pour ses résultats et crainte d’un pouvoir de plus en plus concentré.

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