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Monde: « Tous ignorants »: la vie sans école dans les villages lacustres du Venezuela

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Les pupitres sont entassés les uns sur les autres dans une salle sombre et poussiéreuse. L’école d’Ologa, village sur pilotis isolé sur le lac de Maracaibo (ouest du Venezuela), est fermée depuis plus de 4 ans et ses enfants ne sont plus scolarisés.

Et si les autorités ont annoncé une rentrée des classes en octobre après un an de suspension en raison de la pandémie de Covid-19, l’école d’Ologa n’ouvrira pas ses portes.

« Seul un de mes huit enfants sait lire et écrire. On est tous des ignorants. Les enfants ne vont plus à l’école parce qu’elle est fermée », se désole Angel Villasmil, pêcheur de 58 ans, en démêlant son filet.

Le taux d’alphabétisation au Venezuela dépasse les 97%, selon l’Unesco. Mais la crise touche durement le village, déjà défavorisé par sa situation géographique à plusieurs heures de bateau de la ville de Puerto Concha, au sud du lac.

Jadis considéré comme un des pays les plus riches d’Amérique du sud grâce à son pétrole, le Venezuela a vu son produit intérieur brut (PIB) chuter de 80% depuis 2013, notamment en raison de la baisse de sa production et des cours du pétrole, mais aussi de la mauvaise gestion et de la crise politique.

Dans les zones reculées comme à Ologa, l’essence est rare et les services publics ont quasiment disparu.

Sinistrés de toutes parts

Auparavant, les instituteurs pouvaient profiter gratuitement des allers-retours des pêcheurs ou des bateaux de touristes pour venir au village. Aujourd’hui, avec la crise et la pénurie de carburant, les navettes se font rares.

Les salaires dérisoires dans ce pays touché par l’hyper-inflation n’incitent pas non plus les enseignants à s’éloigner de leurs familles. Un fonctionnaire ne touche pas plus que l’équivalent de cinq dollars par mois.

La dernière institutrice a fini par partir « en raison du problème d’essence », assure sous couvert de l’anonymat un enseignant qui a travaillé dans la zone.

Pour les villageois, l’école est désormais un doux souvenir qu’on entretient.

Andrea, 12 ans, se souvient avec nostalgie de son école située sur un petit îlot en forme de croissant de lune au milieu de la mangrove où on entendait, raconte-t-elle, le bruit des animaux, notamment les chats-tigres (Leopardus tigrinus). La récréation et les jeux autour de la balançoire accrochée aux arbres lui manquent.

« J’aimerais que ma maîtresse revienne, je n’ai pas appris à lire », dit-elle.

Agée de 21 ans, Maria Villasmil, une des filles d’Angel, évoque aussi avec tristesse l’école disparue : « la maîtresse m’a appris beaucoup de choses et notamment à lire et à écrire. J’aimerais que ma fille apprenne aussi. Ici beaucoup d’enfants voudraient apprendre mais il n’y a pas d’école ».

Sa fille Sheira a 3 ans et sa mère a peu d’espoir qu’elle se retrouve prochainement dans une salle de classe.

« La vie est dure en ce moment », souligne Francisco Romero, né il y a 67 ans dans le village.

Il partage sa petite maison avec neuf membres de sa famille. La fumée du feu de bois remplit sa demeure, les bouteilles de gaz n’arrivant plus au village depuis longtemps.

« J’ai mal aux poumons. On est sinistrés de toutes parts. Essence, électricité, gaz… On a de l’eau quand il pleut. Sinon, on va la chercher au lac », se plaint-il.

De plus, les eaux sont polluées par des nappes de pétrole qui se sont échappées des centres d’extraction au nord-est du lac, une des principales zones de forage du brut vénézuélien.

Le village vit presque en autarcie. De temps à autre, des commerçants viennent échanger du poisson contre de l’essence ou de la farine.

« Beaucoup d’habitants sont partis pour pouvoir scolariser leurs enfants », mais la crise « les a obligés à revenir » dit Francisco Romero. « La vie sur terre (loin du lac), ce n’est pas pareil. Ici tu peux pêcher et tu manges. Là-bas, si tu n’as pas un centime tu ne manges pas ».

Europe

Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

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Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

Le Premier ministre Gabriel Attal et le président du RN, Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat animé sur France 2, illustrant les profondes divergences politiques entre leurs camps respectifs.

Jeudi soir, le Premier ministre Gabriel Attal et le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat en prime time sur France 2. À deux semaines des élections européennes, ce face-à-face a été marqué par des échanges vifs et des divergences claires sur des sujets clés tels que l’Europe, l’immigration et l’environnement.

Pendant environ 1h20, les deux jeunes leaders politiques, Gabriel Attal, 35 ans, et Jordan Bardella, 28 ans, ont débattu avec passion. Le Premier ministre n’a pas manqué de critiquer les revirements du RN sur des questions fondamentales comme l’Europe et l’euro : « Je ne suis pas comme vous, moi, à changer d’avis sur tout. À ne pas assumer des déclarations passées, » a-t-il lancé à Bardella.

En réponse, Bardella a attaqué le bilan du gouvernement, en déclarant : « Qu’il y ait des questionnements sur le projet que nous portons pour le pays que nous voulons mettre en œuvre, c’est un fait. En revanche, il n’y a pas de doute sur le bilan qui est le vôtre. »

Le débat a révélé des lignes de fracture profondes sur des sujets tels que le marché unique, les droits de douane, les véhicules électriques, l’immigration et la défense. Un des échanges les plus tendus a concerné les liens du RN avec la Russie. Gabriel Attal a accusé le parti de Le Pen de compromettre l’Europe : « Votre parti, celui de Mme Le Pen et de Jean-Marie Le Pen, avait besoin d’argent. La Russie avait besoin d’un parti en Europe pour justement affaiblir l’Europe de l’intérieur, » a-t-il déclaré.

Jordan Bardella a répliqué en dénonçant des attaques « sous la ceinture » de la part du Premier ministre.

Sur le thème de l’immigration, Attal a critiqué la présentation du RN qui, selon lui, stigmatise les étrangers : « Avec la présentation que vous faites du sujet, on a le sentiment en vous écoutant que derrière chaque étranger, chaque immigré, il y a un délinquant et un terroriste en puissance. »

Bardella a rétorqué en affirmant que la criminalité est liée à une mauvaise gestion des flux migratoires.

Les positions opposées sur l’environnement ont également été mises en lumière, avec Bardella critiquant les « ambitions environnementales irréalistes » du gouvernement, notamment l’interdiction des véhicules thermiques en 2035. Attal a défendu cette mesure, soulignant la nécessité de réduire la dépendance au pétrole et de lutter contre la pollution.

Le débat, diffusé également sur les chaînes YouTube Hugodecrypte et « C quoi l’info ? » de France Télévisions, visait à capter une audience plus jeune.

La tenue de ce débat à deux a suscité des critiques de la part des autres partis politiques. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le président des Républicains (LR) Eric Ciotti ont exprimé leur mécontentement auprès de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, demandant une égalité de traitement pour tous les partis.

Ce débat a illustré l’importance des prochaines élections européennes et les enjeux politiques majeurs qui en découlent, avec un RN en position de favori selon les sondages.

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Iran : Des milliers de personnes rendent hommage au président Ebrahim Raïssi à Birjand

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Iran : Des milliers de personnes rendent hommage au président Ebrahim Raïssi à Birjand

Des milliers de personnes ont défilé à Birjand pour les cérémonies funéraires d’Ebrahim Raïssi, décédé dans un accident d’hélicoptère, avant son inhumation dans sa ville natale.

Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées à Birjand, dans l’est de l’Iran, pour rendre un dernier hommage au président Ebrahim Raïssi, décédé dans un crash d’hélicoptère. L’ancien président, également ayatollah, sera inhumé dans le principal mausolée chiite du pays, celui de l’imam Reza, à Mashhad, un lieu de pèlerinage pour des millions de fidèles.

Raïssi, qui dirigeait l’Iran depuis 2021, est mort à 63 ans lorsque l’hélicoptère le transportant s’est écrasé alors qu’il se rendait à Tabriz après l’inauguration d’un barrage à la frontière avec l’Azerbaïdjan. Sept autres personnes, dont le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, ont également péri dans l’accident.

À Mashhad, la ville natale de Raïssi, des portraits géants du défunt président et des drapeaux noirs ont été installés, notamment autour du sanctuaire de Reza. Mercredi, une immense foule s’était déjà rassemblée à Téhéran pour honorer la mémoire du président, célébré comme un « martyr ».

Le jour des funérailles a été déclaré férié, et les cérémonies ont commencé par une prière dirigée par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Raïssi doit être enterré jeudi dans le sanctuaire de Shah Abdolazim, au sud de Téhéran.

Ces funérailles rappellent les grands rassemblements de la République islamique, comme celui qui a suivi la mort du général Qassem Soleimani en 2020. Les quotidiens conservateurs ont salué des « adieux épiques » pour Raïssi, tandis que les journaux réformateurs ont opté pour des titres plus sobres.

Des dirigeants de pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie, y compris l’émir du Qatar, ont assisté à une cérémonie d’hommage. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a été reçu par l’ayatollah Khamenei, marquant la première visite d’un dirigeant tunisien en Iran depuis la révolution. Aucun pays de l’Union européenne n’était représenté, reflétant les tensions persistantes entre l’Iran et les pays occidentaux.

Les autorités iraniennes préparent désormais l’élection présidentielle prévue le 28 juin. Le président par intérim, Mohammad Mokhber, 68 ans, est chargé de superviser le processus. Aucune personnalité politique n’a encore déclaré sa candidature, mais le dépôt des candidatures s’ouvrira le 30 mai, suivi de la campagne électorale à partir du 12 juin.

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Madrid : L’Espagne, l’Irlande et la Norvège reconnaissent ensemble la Palestine comme État

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Madrid : L'Espagne, l'Irlande et la Norvège reconnaissent ensemble la Palestine comme État

En dépit des avertissements d’Israël, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont décidé de reconnaître l’État palestinien, une démarche conjointe qui suscite des réactions vives.

Mercredi 22 mai, les gouvernements d’Espagne, d’Irlande et de Norvège ont annoncé leur décision de reconnaître un État palestinien. Cette déclaration conjointe intervient après la visite du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, à Oslo et Dublin en avril, où les trois chefs de gouvernement ont exprimé leur volonté de reconnaître la Palestine « en étroite coordination », selon Jonas Gahr Støre, le dirigeant norvégien.

« Aujourd’hui, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne annoncent que nous reconnaissons l’État de Palestine », a déclaré Simon Harris, le Premier ministre irlandais, qualifiant ce jour d' »historique et important pour l’Irlande et pour la Palestine ». Jonas Gahr Støre a précisé que cette reconnaissance deviendra effective le 28 mai et a lancé un « appel fort » à d’autres pays pour qu’ils emboîtent le pas. Selon l’Autorité palestinienne, 142 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent désormais l’État palestinien.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a justifié cette décision en accusant Benyamin Nétanyahou de mettre « en danger » la solution à deux États avec sa politique de « douleur et de destruction » à Gaza.

En réponse, le ministère israélien des Affaires étrangères, dirigé par Israël Katz, a annoncé le rappel « pour consultations » de ses ambassadeurs en Irlande et en Norvège. « Aujourd’hui, j’envoie un message clair à l’Irlande et à la Norvège : Israël ne restera pas silencieux sur cette question », a déclaré Katz. Il a dénoncé cette reconnaissance comme un message selon lequel « le terrorisme paie », accusant ces pays de récompenser le Hamas et l’Iran après les attaques contre les Juifs le 7 octobre.

Katz a qualifié cette démarche de « tordue », affirmant qu’elle portait « atteinte au droit d’Israël à l’autodéfense » et constituait une « injustice envers la mémoire des victimes du 7 octobre ».

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