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Miyamoto dévoile l’ADN Nintendo du nouveau film Mario

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_**Le créateur légendaire de Mario, Shigeru Miyamoto, évoque la philosophie qui a guidé la conception du deuxième long-métrage d’animation, où l’identité de la firme japonaise prime sur les prouesses techniques.**_

Plus de quatre décennies après sa naissance sous la forme d’un simple sprite, le plombier le plus célèbre du jeu vidéo fait son retour sur les écrans. La sortie internationale de « Super Mario Galaxy, le film » marque une nouvelle étape dans l’ambition cinématographique de Nintendo. Après le succès commercial retentissant du premier opus, qui avait engrangé plus d’un milliard de dollars au box-office mondial, la firme de Kyoto et son partenaire Illumination entendent approfondir l’expérience narrative tout en préservant l’esprit des jeux.

Shigeru Miyamoto, le père du personnage, confie n’avoir jamais anticipé une telle longévité ni une telle expansion pour sa création. Alors que les contraintes techniques des débuts ont façonné l’apparence iconique de Mario, l’ère des possibilités infinies du numérique impose un défi différent. La clé, selon lui, réside dans la capacité à innover en puisant dans l’essence même de Nintendo, pour proposer une œuvre que seul ce tandem créatif pouvait réaliser. Cette collaboration étroite avec Chris Meledandri, le producteur d’Illumination, vise à intégrer cette sensibilité unique au sein d’une production hollywoodienne, teintée d’une touche d’influence française propre au studio d’animation parisien.

Le film puise son inspiration dans l’univers de « Super Mario Galaxy », sorti sur Wii en 2007. Transposer ses mécaniques de jeu fondées sur la gravité et l’apesanteur a nécessité d’importants arbitrages. Les réalisateurs ont dû distinguer ce qui est amusant à jouer de ce qui est captivant à regarder, sans chercher à reproduire à l’identique l’expérience interactive. L’objectif était plutôt d’en capter la sensation, comme dans une séquence se déroulant dans un casino spatial, où l’équipe a travaillé sous la direction de Miyamoto pour renforcer ce « feeling » caractéristique.

Contrairement au premier film, qui multipliait les références, cette nouvelle aventure cherche à étoffer l’intrigue et la psychologie des personnages. L’introduction de Yoshi et de Fox McCloud, ainsi qu’une exploration des origines de la Princesse Peach, visent à enrichir un univers volontairement esquissé dans les jeux. Cette démarche a toutefois imposé des choix drastiques dans la pléthore de personnages disponibles, certains ayant dû être écartés du scénario.

Miyamoto, réputé au sein de Nintendo pour ses « renversements de table » qui remettent en cause les projets en fin de développement, a adapté sa méthode pour le cinéma. Conscient que la reconstruction permanente propre au jeu vidéo est impossible pour un film, il a privilégié un rôle de conseiller, fournissant une vision détaillée des personnages et du monde, tout en laissant à l’équipe de réalisation la liberté de la concrétiser. Cette dynamique de travail, où le questionnement mutuel ouvre des voies créatives inattendues, a si bien fonctionné qu’elle sert désormais de modèle pour d’autres adaptations, comme le film en prise de vues réelles de « Zelda » attendu prochainement.

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