Monde
Minneapolis sous le choc de violences policières fédérales
La mort de deux civils, rapidement qualifiés de « terroristes » par l’exécutif, provoque colère et défiance dans une communauté ébranlée par des méthodes perçues comme arbitraires et brutales.
Les détonations ont retenti par une froide journée de janvier au coin de sa rue. Fabiola, une habitante de Minneapolis, a entendu la salve. Plus tard, en visionnant les vidéos de l’intervention ayant coûté la vie à Alex Pretti, son sentiment a viré au dégoût. Pour cette employée du bâtiment, les images contredisent radicalement la version officielle. Elle a fabriqué une croix en bois pour le mémorial improvisé en l’honneur de cet infirmier de trente-sept ans, abattu par des agents fédéraux. « Comment le gouvernement peut-il en faire un terroriste ? Il y a des preuves claires, ils mentent », affirme-t-elle, souhaitant garder l’anonymat par crainte de représailles.
Alex Pretti est le second résident de cette ville du Midwest tué par les forces de l’immigration en moins de trois semaines. Début janvier, Renee Good, une mère de famille du même âge, avait également perdu la vie. Ces deux décès ont attisé une colère sourde, alimentée par la rapidité avec laquelle l’administration en place a cherché à discréditer les victimes, les présentant comme des « terroristes » malgré des éléments visuels suggérant un tout autre scénario. Les enregistrements montrent l’agent à côté du véhicule de Renee Good au moment où elle démarre. Concernant Alex Pretti, on le voit s’approcher des agents, téléphone en main, et non une arme comme initialement avancé. Même à terre, il ne semble pas tenter de saisir l’arme pour laquelle il détenait un permis.
Sur le trottoir glacial où les hommages floraux s’accumulent, des pancartes expriment l’état d’esprit de nombreux passants. « Croyez vos yeux, pas les mensonges », peut-on lire sur l’une d’elles. Une autre accuse directement le président. « Ils n’admettront jamais qu’ils chassent et tuent des gens, tout simplement », déplore Fabiola. Stephen McLaughlin, un ancien procureur à la retraite venu se recueillir, partage ce constat accablant. « Toute la communauté est vraiment écœurée », confie-t-il. Il voit dans ces dérives la conséquence inéluctable d’une politique sécuritaire militarisée, portée selon lui par « un président qui se croit au-dessus des lois ». Il rappelle des propos tenus par l’intéressé en 2016, évoquant une possible impunité même après un meurtre commis en pleine rue. « Ce que nous subissons aujourd’hui n’est que le prolongement logique de ce raisonnement », s’indigne-t-il, estimant que l’objectif du gouvernement est de « terroriser les citoyens ».
Face à l’indignation, y compris au sein de sa propre base politique, et aux critiques sur la communication hâtive entourant la mort d’Alex Pretti, la Maison Blanche semble avoir modéré sa position. Des discussions ont eu lieu avec les autorités locales démocrates, et une partie des milliers d’agents fédéraux déployés dans la ville depuis des semaines devrait prochainement être retirée. Le chef de la police aux frontières, dont le long manteau avait suscité la polémique en raison de son esthétique perçue comme rappelant une symbolique nazie, a également été écarté de Minneapolis.
Cependant, les habitants notent que le président ne remet pas en cause les méthodes des agences fédérales concernées, et que l’enquête sur la mort d’Alex Pretti reste sous la tutelle du département de la Sécurité intérieure. « Je n’ai aucune confiance en eux », poursuit Stephen McLaughlin. « Pour obtenir une enquête indépendante, le peuple doit l’exiger dans la rue. » Jay Taylor, un habitant de quarante-quatre ans, partage ce désabusement. Il porte désormais un sifflet autour du cou pour alerter de la présence d’agents fédéraux. « On va les bouter hors de cette ville, on va gagner parce qu’on est du côté de la vérité », espère-t-il.
Ces événements récents réveillent chez lui le souvenir douloureux de la mort de George Floyd, survenue dans la même ville au printemps 2020, un drame qui avait provoqué un mouvement de protestation d’ampleur nationale. « Cette fois, ça se passe en hiver, donc il n’y a pas autant de personnes dans la rue », observe-t-il, amer. Une circonstance climatique qui, selon lui, a peut-être joué en faveur du pouvoir en place.
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