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Min Aung Hlaing endosse la présidence birmane après un simulacre électoral

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Le chef de la junte militaire a été formellement élu à la tête de l’État vendredi, scellant par les urnes une transition institutionnelle orchestrée par l’armée pour pérenniser son autorité sous une apparence civile.

Le général Min Aung Hlaing a été désigné président par le Parlement, issu des élections législatives organisées par la junte à la fin de l’année dernière. Ce scrutin, boycotté par l’opposition et tenu pour illégitime par une large partie de la communauté internationale, a assuré une majorité écrasante aux formations soutenues par les militaires. Le vote de l’assemblée, acquis d’avance, lui a accordé 429 suffrages sur 584 exprimés.

Cette nomination marque l’aboutissement d’un processus engagé après le coup de force de février 2021, qui avait renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. Après plus de cinq années de régime autoritaire, l’armée a présenté ces élections comme une étape vers un retour à l’ordre constitutionnel. La consultation s’est toutefois déroulée en l’absence de toute compétition réelle et n’a pu être organisée sur de vastes portions du territoire, en raison de l’intensité des combats.

Pour accéder à la magistrature suprême, Min Aung Hlaing a dû quitter ses fonctions à la tête des forces armées, comme l’exige la Constitution. Son successeur à ce poste, le général Ye Win Oo, est un proche collaborateur, ancien responsable des services de renseignement militaire. Cette passation permet au nouveau président de conserver une influence déterminante sur l’institution castrense.

Les observateurs analysent cette manœuvre comme une tentative de conférer une légitimité de façade au pouvoir en place, dans un contexte de conflit interne persistant et d’isolement diplomatique partiel. Le pays reste en proie à des affrontements généralisés entre l’armée, des groupes de résistance pro-démocratie et des mouvements ethniques armés. Les conséquences humanitaires sont considérables, avec des millions de personnes déplacées et une paupérisation croissante de la population.

L’armée birmane, qui a dirigé le pays pendant la majeure partie de son histoire post-coloniale, justifie son rôle en se présentant comme le garant de l’unité nationale. La brève parenthèse démocratique ouverte à partir de 2011 avait laissé place à un espoir de réformes, rapidement interrompu par le retour des généraux au pouvoir. La désignation de Min Aung Hlaing à la présidence semble acter la volonté de l’establishment militaire de conserver le contrôle des institutions pour les années à venir.

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