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Société

Microplastiques dans l’organisme : la science cherche un terrain d’entente

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Face à des résultats parfois contradictoires et des méthodologies contestées, la communauté scientifique internationale s’organise pour établir des protocoles rigoureux afin d’évaluer avec précision la présence et l’impact des particules synthétiques dans le corps humain.

La question de l’infiltration des microplastiques dans les tissus humains agite régulièrement le débat public, suite à des publications affirmant leur détection dans le sang, divers organes, voire le cerveau. Certaines de ces affirmations, particulièrement médiatisées, ont cependant suscité de vives réserves au sein de la communauté scientifique. Des experts pointent du doigt les risques de contamination des échantillons en laboratoire, omniprésent dans les environnements de recherche, ainsi que les limites de certaines techniques analytiques pouvant mener à des confusions, par exemple entre des lipides biologiques et des polymères synthétiques.

Pour dépasser ces controverses et faire progresser les connaissances de manière robuste, une trentaine de chercheurs issus d’une vingtaine d’institutions à travers le monde proposent un cadre méthodologique commun. Cette initiative, détaillée dans une récente publication, vise à harmoniser les pratiques et à instaurer une gradation de la certitude des résultats obtenus. L’objectif est de permettre aux différents laboratoires de travailler sur des bases comparables et de spécifier clairement le niveau de confiance associé à leurs observations.

Les scientifiques s’accordent sur le constat d’une dissémination environnementale massive des microplastiques et sur la probabilité élevée d’une ingestion ou d’une inhalation régulière par l’être humain. En revanche, établir des preuves solides quant à leur présence effective au sein de tissus profonds, et a fortiori quant à leurs éventuels effets sanitaires, représente un défi technique considérable. La détection fiable de ces particules, surtout sous forme nanoplastique, exige une rigueur extrême pour éviter toute interférence.

Le nouveau cadre s’inspire des principes appliqués en criminalistique, où la traçabilité et la prévention des contaminations sont primordiales. Il encourage une transparence totale, incluant la publication des données brutes, et l’adoption systématique de protocoles de contrôle qualité stricts. Cette approche collective entend remplacer les polémiques par une évaluation sereine et standardisée, étape indispensable pour déterminer objectivement si ces matériaux omniprésents constituent ou non un risque pour la santé.

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