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Mascottes improbables, l’insolite effervescence du Nouvel An lunaire

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À l’approche des festivités, la jeunesse chinoise s’approprie avec humour et dérision les symboles traditionnels, donnant naissance à des phénomènes populaires inattendus.

Un cheval en peluche à l’expression désabusée, des gâteaux de riz traités comme des animaux de compagnie et l’antagoniste d’une célèbre saga fantastique connaissent une popularité fulgurante en Chine. Ces tendances, devenues virales sur les réseaux sociaux, réinterprètent avec une distance amusée les coutumes entourant le Nouvel An lunaire, qui marquera cette année l’entrée dans l’année du Cheval.

Le personnage de Drago Malefoy, issu de l’univers Harry Potter, s’est imposé comme une figure porte-bonheur insolite. Son visage, incarné au cinéma par l’acteur Tom Felton, orne désormais affiches et objets décoratifs. Cette adoption s’explique par la translittération de son nom de famille en chinois, « Ma Er Fu », qui associe les caractères désignant le cheval et la bonne fortune, un présage particulièrement bienvenu pour la nouvelle année.

Parallèlement, un simple défaut de fabrication a transformé un cheval en peluche rouge, symbole traditionnel, en icône contemporaine. Une bouche cousue à l’envers lui confère une moue mélancolique qui semble faire écho à l’état d’esprit d’une partie de la jeunesse, confrontée aux défis économiques. Surnommé le « cheval qui pleure », cet objet connaît un tel engouement que ses stocks sont épuisés pour plusieurs mois. Certains l’acquièrent même conjointement avec sa version au sourire conventionnel, pour symboliser les aléas de l’existence.

Une autre pratique humoristique consiste à « adopter » des gâteaux de riz gluant, une pâtisserie festive. Sur les plateformes sociales, des utilisateurs partagent le suivi méticuleux de leur préparation, nécessitant un trempage régulier, et présentent ces aliments comme des compagnons peu exigeants. Cette tendance s’inscrit dans une série d’appropriations décalées d’objets du quotidien observées ces dernières années.

En marge de ces phénomènes, une initiative en ligne propose de contourner une superstition populaire déconseillant de se laver les cheveux le jour de l’an, de crainte d’y voir s’écouler la chance. Le mot-dièse appelant à un « lavage collectif des cheveux » la veille des festivités anticipe ainsi un afflux dans les salons de coiffure, illustrant une fois encore la capacité à revisiter le folklore avec une pointe d’ironie.

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