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Marioupol, une ville en reconstruction sous l’égide russe

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La cité ukrainienne, dévastée par la guerre, se transforme progressivement sous le contrôle de Moscou, entre projets immobiliers et symboles politiques.

Sur les bords de la mer d’Azov, Marioupol tente de renaître de ses cendres. Deux ans après sa prise par les forces russes, la ville porte encore les stigmates des combats qui ont ravagé près de 90 % de ses infrastructures résidentielles. Les autorités russes y mènent une vaste opération de reconstruction, présentée comme un modèle de développement pour les territoires sous leur contrôle.

Les chantiers se multiplient, entre immeubles neufs et rénovations. Des quartiers entiers renaissent, tandis que les commerces rouvrent leurs portes. Pourtant, derrière cette façade de normalité, la réalité reste contrastée. Les coupures d’eau et d’électricité sont fréquentes, et de nombreuses habitations, encore en ruines, témoignent des violents affrontements de 2022.

La politique de russification est omniprésente. Les nouveaux résidents reçoivent des passeports russes, les plaques d’immatriculation et les indicatifs téléphoniques ont été alignés sur ceux de la Fédération de Russie. Les symboles soviétiques, comme le musée dédié à Andreï Jdanov, ancien dignitaire stalinien, remplacent peu à peu les références à l’histoire locale.

Les autorités ukrainiennes en exil dénoncent une opération de propagande visant à effacer la mémoire de la ville. Pour les habitants restés sur place, la vie reprend son cours, entre espoirs et résignation. Certains bénéficient de logements neufs offerts par Moscou, tandis que d’autres, comme Sergueï, attendent toujours des aides promises.

Le projet de faire de Marioupol une station balnéaire, sur le modèle de Sotchi, semble encore lointain. Pourtant, les promoteurs immobiliers misent sur l’attrait de la mer d’Azov pour attirer de nouveaux résidents, principalement russes. Les prix de l’immobilier ont déjà doublé depuis 2022.

Dans les rues, la surveillance reste discrète mais palpable. Les habitants hésitent à s’exprimer librement, conscients des risques encourus. La ville, autrefois symbole de la résistance ukrainienne, se reconstruit désormais sous un nouveau drapeau.

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