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Manifestations et tensions à Antananarivo face aux pénuries d’eau et d’électricité

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La capitale malgache a connu jeudi une journée de forte tension sociale. Des milliers de personnes ont manifesté leur exaspération face aux coupures récurrentes des services essentiels, dans un contexte de défiance envers les autorités.

Le centre-ville d’Antananarivo a été le théâtre d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants durant toute la journée de jeudi. Les protestataires, répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux, entendaient dénoncer les interruptions quotidiennes d’approvisionnement en eau et en électricité qui frappent la population. Les rassemblements, pourtant interdits par les autorités la veille, ont rassemblé des centaines de personnes déterminées à faire entendre leur mécontentement.

Dès le matin, les forces de sécurité ont mis en place un dispositif important pour contenir les foules. Plusieurs unités de police et de gendarmerie ont eu recours à des tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser les groupes tentant de converger vers le point de ralliement initial. Des scènes d’arrestations ont été observées, tandis que certains commerces et bâtiments publics, dont une station du téléphérique, ont été vandalisés ou incendiés.

La situation s’est particulièrement envenimée avec l’embrasement des résidences de trois personnalités politiques proches du pouvoir. Des témoins ont rapporté que des manifestants ont entravé l’intervention des pompiers sur les lieux. En fin de journée, le préfet a décrété un couvre-feu jusqu’à l’aube, alors que les actes de vandalisme se poursuivaient en l’absence notable des forces de l’ordre.

Cette colère populaire s’inscrit dans un climat social déjà tendu, marqué par une pauvreté endémique et des accusations récurrentes de corruption. Une manifestante interrogée a décrit une situation devenue « insupportable », dénonçant l’arbitraire et le manque de transparence des dirigeants. Les banderoles brandies par les protestataires appelaient au respect des droits fondamentaux, sans revendication ouvertement politique.

Les conséquences de ces événements se sont fait sentir au-delà du centre-ville. Le lycée français a maintenu ses élèves à l’intérieur de l’établissement par mesure de sécurité, tandis qu’un vol international a été dérouté vers l’île Maurice. Toutes les écoles de la capitale resteront fermées vendredi. Le président Andry Rajoelina, actuellement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies, ne s’est pas exprimé sur la situation.

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