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L’ONU envisage un déploiement renforcé pour sécuriser Haïti

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Face à l’emprise des groupes armés sur la capitale haïtienne, le Conseil de sécurité des Nations Unies examine la mise en place d’une force internationale élargie, dotée de moyens accrus pour rétablir l’ordre public.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce ce mardi sur la transformation de la mission multinationale présente en Haïti en une structure opérationnelle plus conséquente. Cette évolution vise à endiguer les violences perpétrées par les groupes criminels qui paralysent le fonctionnement institutionnel du pays. Initialement autorisée en 2023, la Mission multinationale de sécurité (MMAS) devait appuyer les forces de police locales submergées par l’ampleur des troubles.

Les limites de l’actuel dispositif sont toutefois manifestes. Avec un effectif plafonnant à un millier de policiers – loin des 2 500 initialement prévus – et des ressources financières et matérielles insuffisantes, les résultats obtenus restent en deçà des attentes. Le président du Conseil présidentiel de transition haïtien a récemment dressé un tableau alarmant de la situation, évoquant des pertes humaines quotidiennes et le déplacement forcé de plus d’un million de personnes à l’intérieur du territoire.

Port-au-Prince soutient la proposition américano-panaméenne de métamorphoser la MMAS en une force dédiée spécifiquement à la lutte contre les gangs. Le projet de résolution soumis au vote prévoit une période transitoire d’un an pour cette nouvelle mission, qui pourrait intégrer jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, incluant pour la première fois des éléments militaires. Un bureau de soutien onusien serait simultanément créé pour assurer la logistique et le financement nécessaires.

Les discussions au sein du Conseil de sécurité révèlent cependant des positions divergentes. Si les États-Unis affirment que ce mandat élargi permettrait des actions proactives contre les gangs et la reconquête des territoires sous leur emprise, l’adoption de la résolution ne fait pas l’unanimité. La Chine avait antérieurement exprimé des réserves quant à l’utilité d’une mission sécuritaire sans progrès politique parallèle, tandis que le Kenya, pays chef de file de l’actuelle mission, plaide pour un renforcement des moyens.

La dégradation sécuritaire en Haïti s’est accentuée depuis le début de l’année, marquée par la démission du Premier ministre sous la pression des groupes armés. L’absence d’élections depuis 2016 et la précarité institutionnelle chronique compliquent davantage la résolution de cette crise multiforme, qui frappe le pays le plus défavorisé du continent américain.

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