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L’ombre de l’expulsion plane sur Chicago

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Dans les quartiers latinos de la métropole américaine, les arrestations d’immigrants sans statut légal plongent des familles entières dans l’incertitude et la détresse.

Le chariot de nourriture reste désespérément vide depuis que Maria a été interpellée en pleine rue par les services de l’immigration. Cette mère de sept enfants, établie depuis deux décennies aux États-Unis, vendait des spécialités culinaires mexicaines lorsqu’elle a été embarquée dans un véhicule gouvernemental. Son fils Eduardo Santoyo, citoyen américain de 22 ans, tente depuis plus de vingt-quatre heures d’obtenir des informations sur le sort de sa mère, sans aucun succès auprès des autorités fédérales.

L’opération s’inscrit dans une série d’interventions similaires ayant frappé Chicago cette semaine, particulièrement dans les secteurs à forte population latino-américaine comme Little Village, Pilsen ou Cicero. Le mode opératoire suit toujours le même schéma des équipes spécialisées surgissent sans préavis pour procéder à l’interpellation d’individus sans titre de séjour, laissant derrière elles des probes désemparés et des commerces à l’abandon.

Face à cette situation, la communauté s’organise. Des collectifs diffusent en urgence des alertes sur les réseaux sociaux pour prévenir des opérations en cours, tandis que des manifestations spontanées se forment devant les centres de détention administratifs. Plusieurs rassemblements ont d’ailleurs donné lieu à des tensions avec les forces de l’ordre, certains participants ayant été exposés à des gaz irritants.

Les critiques fusent contre ce qui est perçu comme un ciblage ethnique systématique. Les arrestations semblent en effet se concentrer sur des personnes hispanophones, qu’elles soient établies depuis des années ou nouvellement arrivées. Des témoins dénoncent une logique qui ne tiendrait compte ni des attaches familiales ni de l’intégration économique des personnes concernées.

L’onde de choc sociale dépasse largement le cercle des sans-papiers. Des clients habituels comme Nae Campbell expriment leur consternation devant des méthodes qui, selon elles, brisent des vies patiemment construites. L’employée hospitalière de 32 ans souligne l’absurdité de priver des quartiers entiers de travailleurs et d’entrepreneurs qui contribuent au dynamisme local.

Dans ce climat de méfiance généralisée, les vendeurs ambulants qui peuplent traditionnellement les rues de Chicago redoublent de prudence. L’arrestation de Maria a provoqué un vent de panique parmi ceux qui, comme elle, gagnent modestement leur vie dans l’économie informelle. Beaucoup s’interrogent désormais sur les risques à poursuivre leurs activités commerciales, tandis que les familles touchées par ces arrestations tentent de maintenir un semblant de normalité malgré l’absence d’un être cher.

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