Monde
L’ombre coloniale devant la justice belge
_**La famille de Patrice Lumumba attend une décision judiciaire cruciale ce mardi. Elle pourrait ouvrir la voie à un procès historique concernant l’assassinat du premier chef de gouvernement du Congo indépendant.**_
La justice belge doit se prononcer ce mardi sur la possibilité d’un procès pénal inédit. Elle examine la demande de renvoi devant un tribunal d’un ancien diplomate, soupçonné d’avoir été impliqué dans les événements ayant conduit à la mort de Patrice Lumumba en 1961. Cette décision intervient plus de six décennies après les faits et pourrait marquer un tournant judiciaire.
Patrice Lumumba, nommé Premier ministre après l’accession à l’indépendance du Congo le 30 juin 1960, fut renversé quelques mois plus tard. Transféré dans la province sécessionniste du Katanga, il y fut exécuté en janvier 1961. Son corps ne fut jamais restitué. Son discours emblématique lors des cérémonies d’indépendance, dénonçant avec force le système colonial belge, avait profondément marqué les esprits et cristallisé les tensions.
Depuis cette époque, les responsabilités potentielles de certains acteurs belges dans cet assassinat n’ont cessé d’être questionnées. Aucune procédure judiciaire n’a abouti jusqu’à présent. La plainte déposée en 2011 par la famille Lumumba visait initialement plusieurs fonctionnaires et agents belges. Aujourd’hui, un seul d’entre eux, âgé de 93 ans, est toujours en vie et susceptible de devoir répondre de ces accusations devant un tribunal.
Les avocats de la famille estiment qu’un éventuel procès constituerait une première. Jamais une juridiction pénale n’aurait examiné la responsabilité présumée de représentants d’une ancienne puissance coloniale dans la disparition d’un leader de l’indépendance africaine. Les proches de Patrice Lumumba espèrent ainsi obtenir enfin une forme de justice et une clarification définitive des faits.
L’ancien diplomate mis en cause, qui a par la suite mené une longue carrière publique et privée, conteste fermement les accusations portées contre lui. Le parquet fédéral belge lui reproche une participation à des crimes de guerre, liée au transfert illicite et à la détention de Patrice Lumumba. La défense a, quant à elle, plaidé l’irrecevabilité de la procédure en raison du temps écoulé et contesté la qualification juridique retenue.
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans un contexte plus large de réexamen du passé colonial. En 2022, la Belgique avait officiellement restitué aux autorités congolaises une relique dentaire de Patrice Lumumba. Lors de cette cérémonie, le gouvernement belge de l’époque avait réitéré ses excuses et reconnu une responsabilité morale dans les événements. La décision attendue ce mardi déterminera si la justice pénale belge va, à son tour, se saisir pleinement de ce dossier.
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