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L’exil et l’attente, le calvaire d’une Iranienne loin des siens

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Privée de tout contact avec sa famille depuis le début des frappes aériennes, une femme installée aux États-Unis décrit l’épreuve de l’ignorance et de l’impuissance.

Le téléphone portable est devenu son unique fenêtre sur un monde qui lui échappe. Simin Goodarzi, une Iranienne de 63 ans vivant en Californie, ne quitte plus l’écran, scrutant sans relâche les applications et les canaux d’information à la recherche d’un signe. Depuis que les communications ont été coupées en Iran, elle est sans nouvelles de ses proches restés à Téhéran. Son existence se résume désormais à une attente angoissée, entrecoupée de rares moments de sommeil.

Habituellement, elle échange chaque semaine avec sa cousine et sa meilleure amie, qu’elle considère comme ses sœurs. La dernière conversation avec l’une d’elles remonte à deux jours avant le début des opérations militaires. Elle se trouvait alors en soins intensifs après une intervention chirurgicale. Son état actuel reste un mystère absolu. Cette absence d’information est d’autant plus cruelle que les premiers bilans font état de pertes civiles significatives.

Les autorités iraniennes ont considérablement renforcé leur contrôle sur les réseaux de télécommunication, une pratique déjà observée lors des précédentes périodes de tension. Pour les familles dispersées, cette coupure revient à être plongé dans un silence inquiétant. L’exilée évoque le cas d’une tante de son mari, qui a pu donner brièvement de ses nouvelles au tout début des frappes, avant que le lien ne soit rompu. Depuis, plus aucun message.

La localisation des cibles militaires, souvent situées en zone urbaine, ajoute à son inquiétude. Elle souligne que les infrastructures visées peuvent se trouver à proximité immédiate de lieux de résidence de ses connaissances. Les consignes d’évacuation diffusées par certaines forces, inaccessibles à la population locale en raison du black-out, lui apparaissent comme un cruel paradoxe.

Ancienne infirmière, Simin Goodarzi exprime un sentiment aigu d’impuissance et même de culpabilité de ne pouvoir se rendre sur place pour porter secours. Cette détresse est mêlée à un espoir complexe, celui de voir s’achever, par ces événements dramatiques, une ère politique marquée par la répression. Elle mentionne le souvenir d’un ami proche de sa famille, tué lors de manifestations antérieures.

Malgré la fatigue et l’angoisse, une forme de résolution persiste. Son discours, empreint d’émotion, se conclut sur une note de détermination. L’idée de retrouver un jour un pays libéré demeure le principal moteur pour supporter l’épreuve du présent, une épreuve partagée par de nombreux membres de la diaspora iranienne à travers le monde.

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