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L’Éthiopie face à un regain de tensions militaires dans le nord du pays

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Des affrontements entre l’armée fédérale et des forces tigréennes ont été signalés, tandis que les liaisons aériennes vers la région du Tigré sont suspendues, suscitant de vives inquiétudes quant à la stabilité de l’accord de paix.

Des sources concordantes font état d’engagements armés survenus ces derniers jours dans la zone de Tsemlet, localité située dans l’ouest du Tigré. Les combats auraient opposé des éléments de l’armée nationale éthiopienne, appuyés par des milices amharas, à des troupes tigréennes. Ces incidents marquent une escalade significative, la première de cette nature depuis la fin du conflit en novembre 2022.

Dans le même temps, Ethiopian Airlines, la compagnie aérienne nationale, a interrompu tous ses vols à destination du Tigré. Les responsables de la compagnie invoquent des « raisons opérationnelles », mais cette suspension, une première depuis la signature de l’accord de paix, est perçue par plusieurs observateurs comme un indicateur des tensions politiques persistantes entre le gouvernement fédéral et les autorités régionales.

Cette dégradation de la situation intervient dans un contexte déjà fragile. L’accord de Pretoria, qui avait mis fin à une guerre meurtrière, prévoyait notamment le retrait des forces étrangères et des milices des zones contestées. Or, la présence continue de troupes érythréennes et de milices amharas dans certaines parties du Tigré constitue une violation patente de ces engagements, alimentant les griefs et les méfiances.

La capitale régionale, Mekele, serait le théâtre d’une anxiété palpable parmi la population, selon des témoignages recueillis sur place. Les divisions internes au sein du Front de libération du peuple du Tigré, l’ancien parti au pouvoir aujourd’hui marginalisé, ainsi que l’hostilité récurrente entre Addis-Abeba et Asmara, contribuent à un climat d’instabilité latente dans la Corne de l’Afrique.

Ces développements récents soulèvent des interrogations sérieuses sur la pérennité du processus de paix. La reprise d’hostilités ouvertes, même localisées, associée à la suspension des liaisons aériennes, rappelle les sombres heures du conflit et fait planer le spectre d’une reprise généralisée des violences.

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