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Les pêcheurs vénézuéliens face à la présence navale américaine

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La communauté des pêcheurs artisanaux du Venezuela exprime une vive inquiétude quant aux risques engendrés par le déploiement de bâtiments militaires américains dans les eaux des Caraïbes. Les opérations anti-drogue menées par Washington créent un climat de tension palpable parmi ceux qui vivent de la mer.

Les pêcheurs vénézuéliens adaptent désormais leurs pratiques en réponse aux récentes interventions navales des États-Unis. La diffusion d’images montrant des embarcations détruites lors d’opérations présentées comme des frappes antidrogue a suscité une profonde préoccupation. Les marins-pêcheurs affirment naviguer avec une prudence accrue, estimant que la menace pesant sur leur sécurité est bien réelle.

La polémique s’enracine dans les déclarations du président américain Donald Trump, qui a évoqué devant l’Assemblée générale des Nations unies l’utilisation de la puissance militaire pour cibler des réseaux de trafic de stupéfiants qu’il associe au gouvernement de Nicolás Maduro. En réaction, Caracas dénonce une ingérence et des exécutions sommaires, niant toute implication dans le narcotrafic.

Sur les quais de Caraballeda, dans l’État de La Guaira, l’inquiétude se mêle à l’indignation. Joan Diaz, pêcheur expérimenté, s’interroge sur la disproportion des moyens engagés. « Comment peut-on comparer un destroyer à une barque de pêche ? », lance-t-il, dénonçant des actions menées, selon lui, sans preuves tangentes ni procédure légale.

Face à cette situation, les pêcheurs ont adopté des mesures de précaution. Ils naviguent désormais en groupe et évitent soigneusement les zones considérées comme sensibles. Le gouvernement vénézuélien a fourni à certains d’entre eux des radiobalises de détresse pour signaler tout incident. Luis Garcia, représentant d’un conseil de pêcheurs local, souligne que si la peur ne les paralyse pas, le discours tenu par M. Trump a été perçu comme une provocation directe.

L’activité halieutique reste néanmoins intense. Certains pêcheurs effectuent de longues sorties en haute mer, parfois sur plusieurs jours, à la recherche de thons ou d’autres espèces pélagiques. D’autres préfèrent des marées plus courtes, rentrant au port dès l’après-midi. Tous redoutent particulièrement les confusions possibles avec des navires suspectés de trafic, d’autant que les thoniers, qui s’aventurent au large, sont les plus exposés. Un cas d’arraisonnement prolongé par un bâtiment américain a déjà été rapporté.

Malgré le sentiment d’un rapport de force inégal, Luis Garcia affirme la détermination des pêcheurs à continuer leur métier. « La mer des Caraïbes est la nôtre, et nous continuerons à en vivre », assure-t-il, arborant un t-shirt proclamant « Pêcher, c’est vaincre ». Pour ces hommes, l’océan reste un espace de travail et de subsistance, même sous la surveillance de navires de guerre.

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