Monde
Les ONG sahéliennes face à un dilemme humanitaire impossible
Dans une région en proie à l’insécurité, les organisations humanitaires doivent composer avec la méfiance des régimes militaires et la violence des groupes armés, tout en tentant de venir en aide à des millions de civils.
Le Sahel représente aujourd’hui l’un des terrains d’intervention les plus complexes pour les acteurs humanitaires. Prises entre les exigences des juntes au pouvoir et les menaces des groupes jihadistes, les ONG internationales voient leur marge de manœuvre se réduire comme peau de chagrin. Cette situation compromet gravement l’assistance vitale apportée à près de 29 millions de personnes, dont la moitié se concentre dans le Sahel central, selon les estimations des Nations unies.
Les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger multiplient les restrictions à l’encontre des organisations bénéficiant de financements étrangers. Au cours du seul mois de juin, les autorités burkinabè ont révoqué les autorisations de 21 ONG, tandis qu’une dizaine d’autres faisaient l’objet de suspensions temporaires. Au Mali, un projet de loi prévoit désormais de prélever 10% des fonds alloués aux programmes de développement. Quant au Niger, le gouvernement exige que les activités humanitaires s’alignent sur ses priorités sécuritaires et économiques.
Cette défiance institutionnelle s’accompagne d’accusations récurrentes. Plusieurs responsables locaux n’hésitent pas à qualifier les actions des ONG de « missions de subversion », les soupçonnant de collusion avec les groupes armés. Le départ forcé du CICR en février dernier illustre cette tendance inquiétante. Parallèlement, les organisations doivent affronter l’hostilité des factions jihadistes, qui voient en elles des relais de l’influence occidentale. Les attaques contre le personnel humanitaire se multiplient, avec 26 morts recensés depuis le début de l’année.
Face à ce double péril, les humanitaires adaptent tant bien que mal leurs méthodes. Le recours accru aux transports aériens, le travail avec des équipes locales et l’acceptation controversée des escortes militaires figurent parmi les stratégies déployées pour maintenir les opérations. Mais ces solutions entraînent des surcoûts importants et posent des questions éthiques, notamment sur la neutralité des interventions. Certaines organisations, comme Médecins Sans Frontières, ont dû purement et simplement suspendre leurs activités dans des zones particulièrement exposées.
Cette crise multidimensionnelle intervient dans un contexte sécuritaire alarmant. Le Sahel concentre à lui seul plus de la moitié des victimes du terrorisme dans le monde, selon les derniers rapports internationaux. Pour les observateurs, la marginalisation progressive des ONG risque d’aggraver encore la situation humanitaire, laissant des populations entières sans accès aux soins et à l’aide alimentaire. Un cercle vicieux dont les conséquences pourraient se révéler dramatiques à moyen terme.
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