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Les nuits grecques où la danse unit villages et voyageurs

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Au cœur de l’été, les fêtes patronales des îles grecques perpétuent une tradition séculaire, mêlant convivialité et rythmes envoûtants jusqu’à l’aube.

Sur l’île d’Ikaria, comme dans de nombreux villages de Grèce, les nuits d’été s’animent au son des mélodies traditionnelles. Locaux et visiteurs se rejoignent pour former des cercles joyeux, main dans la main ou épaule contre épaule, suivant les pas du *ikariotikos*, une danse ancestrale. Ces rassemblements, appelés *panigiria*, célèbrent les saints patrons et rythment la saison estivale, de juillet à septembre.

L’ambiance, à la fois festive et solennelle, puise ses racines dans l’histoire grecque. Dès les premières années de l’indépendance, en 1821, ces fêtes servaient de lieux d’échanges économiques et sociaux, où se négociaient tissus, bétail ou denrées. Aujourd’hui, elles restent un pilier de la vie communautaire, renforçant des valeurs telles que l’hospitalité et le partage.

Si la musique, jouée au luth ou à la lyre, entraîne les danseurs dans une cadence progressive, l’esprit demeure inclusif. Les novices adaptent leurs pas, tandis que les plus aguerris guident la ronde. Autour d’eux, l’odeur du chevreau grillé et de la *retsina*, ce vin résiné typique, se mêle aux rires et aux chants.

Certains observateurs notent toutefois une évolution. L’afflux touristique a parfois transformé ces célébrations en attractions, suscitant des craintes quant à la préservation de leur authenticité. Les réseaux sociaux, où les images de ces fêtes circulent abondamment, y contribuent. Pour d’autres, comme Vagelis Melos, un habitué, cette mutation est inévitable. « Quand les gens changent, les *panigiria* changent », confie-t-il, philosophe, tout en enchaînant les pas.

Malgré ces nuances, l’essence des *panigiria* perdure. Qu’ils honorent le Prophète Élie, saint Jean ou l’Assomption, ces rassemblements nocturnes restent des moments où se tissent des liens, entre habitants et étrangers, entre tradition et modernité. Une alchimie qui, à l’image des danses, se renouvelle sans jamais rompre le fil du passé.

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