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Les États-Unis sanctionnent l’architecte de la régulation numérique européenne

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La décision de Washington d’interdire l’entrée sur son territoire à l’ancien commissaire Thierry Breton suscite une large réprobation en France, où elle est perçue comme une ingérence inacceptable.

La classe politique française a exprimé mercredi son désaveu face à la mesure prise par l’administration américaine. Celle-ci a placé l’ancien commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, sur une liste d’interdiction de séjour. Cette sanction vise plusieurs personnalités européennes ayant œuvré à l’encadrement des géants du numérique. L’initiative est largement interprétée à Paris comme une remise en cause du droit de l’Union européenne à légiférer de manière autonome.

Plusieurs responsables politiques ont dénoncé une atteinte à la souveraineté européenne. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a estimé sur le réseau social X que cette décision rendait hommage, de manière paradoxale, au combat mené par Thierry Breton. Le secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, a qualifié l’acte de gravité extrême et appelé à une réaction immédiate. Pour l’eurodéputée Nathalie Loiseau, le fond du débat concerne la capacité des Européens à édicter et faire appliquer leurs propres règles.

Au sein du Rassemblement national, les positions apparaissent moins unanimes. Si le vice-président du parti, Sébastien Chenu, a critiqué une erreur de fond et d’image de la part des États-Unis, certaines élues ont fait preuve de plus de compréhension. L’eurodéputée Virginie Joron a ainsi ironisé sur la patience américaine, évoquant les tensions passées entre Thierry Breton et le propriétaire de X, Elon Musk. Une autre élue du RN, Catherine Griset, a associé sa critique à un commentaire sur la situation politique en Roumanie.

Le gouvernement français a condamné avec fermeté cette sanction par la voix du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le ministre délégué à l’Économie numérique, Roland Lescure, a pour sa part défendu le cadre réglementaire européen. Il a rappelé que les règles issues du Digital Services Act, dont Thierry Breton fut un artisan majeur, avaient été adoptées démocratiquement pour protéger les citoyens et les entreprises, sans viser aucun pays tiers. Thierry Breton lui-même avait dénoncé plus tôt un climat de maccarthysme.

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