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Économie

Les anciens propriétaires terriens du Zimbabwe sollicitent l’appui de Washington

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Vingt-cinq ans après les expropriations, des agriculteurs blancs, toujours en attente de dédommagements, engagent un cabinet d’influence pour interpeller l’administration américaine.

Un groupe d’anciens exploitants agricoles blancs du Zimbabwe a mandaté une firme de conseil américaine afin d’accélérer le règlement des compensations qui leur sont dues par l’État. Cette démarche, révélée par des documents officiels, vise à saisir l’administration Trump pour qu’elle exerce des pressions sur le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa.

Les intéressés réclament l’exécution intégrale d’un accord signé en 2020, qui prévoyait une enveloppe globale de 3,5 milliards de dollars. Confronté à des difficultés financières, le pouvoir zimbabwéen a depuis modifié les modalités de paiement, proposant désormais une fraction minime en numéraire et le solde sous forme d’obligations du Trésor. Si près d’un millier d’agriculteurs ont accepté ce dispositif, beaucoup d’autres le jugent insatisfaisant et réclament un versement complet et immédiat.

Cette situation découle directement de la réforme agraire lancée au début des années 2000 sous l’ère Mugabe. Destinée à corriger les déséquilibres historiques de la propriété foncière, cette politique avait conduit à l’expropriation de la grande majorité des grands fermiers blancs. Son application, souvent décrite comme chaotique, avait gravement affecté la production agricole et contribué à l’effondrement économique du pays.

Aujourd’hui, de nombreux anciens propriétaires, désormais âgés, se disent dans une situation précaire. Leur représentant souligne la détresse de ceux qui, ayant perdu leur unique source de revenus, vieillissent dans l’attente d’une indemnisation. L’accord de 2020 portait uniquement sur les améliorations apportées aux exploitations, comme les bâtiments ou les systèmes d’irrigation, et non sur la valeur des terres elles-mêmes, dont l’État conteste la légitimité de l’acquisition passée.

L’intervention d’un lobby à Washington introduit une dimension géopolitique nouvelle. Des observateurs estiment que l’administration américaine pourrait être sensible à cette cause, dans le cadre d’une approche plus transactionnelle de la diplomatie. Ils notent cependant qu’un éventuel engagement de Washington serait probablement conditionné à des contreparties, potentiellement liées aux richesses minières du Zimbabwe. Cette perspective suscite des réserves, certains experts y voyant un risque de conséquences imprévues, bien au-delà du seul dossier des compensations agricoles.

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