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L’émergence d’un outsider bouleverse la campagne bordelaise

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L’économiste Philippe Dessertine, arrivé en troisième position au premier tour des municipales, maintient sa candidature solitaire au second tour, défiant les pronostics et les stratégies d’alliance traditionnelles.

Avec un score de 20,16% des suffrages, Philippe Dessertine s’est imposé comme un acteur décisif du scrutin municipal à Bordeaux. Ce résultat, obtenu derrière le maire écologiste sortant Pierre Hurmic et le député de la majorité présidentielle Thomas Cazenave, confirme la capacité de ce nouveau venu en politique à capter une part significative de l’électorat. Il a réaffirmé, au soir du premier tour, son refus de tout rapprochement en vue du second tour, s’en tenant à une ligne d’indépendance affichée depuis le début de sa campagne.

Connu du grand public pour ses interventions télévisées en tant qu’expert économique, le candidat sans étiquette mène depuis six mois une campagne fondée sur la promesse d’une « vision unique » pour la ville. Son programme, qu’il qualifie lui-même d’« extraordinaire », accorde une place centrale aux questions de sécurité publique et de propreté, des thèmes qu’il associe à une dégradation supposée sous le mandat écologiste. Il propose également un recours accru à l’investissement privé pour financer le développement urbain.

Son discours semble avoir particulièrement résonné dans les franges de l’électorat de droite traditionnelle, où l’ancrage de la majorité présidentielle reste limité. Lors de ses meetings, la défense de l’usage de la voiture face aux politiques de piétonnisation, ou la critique d’aménagements de circulation dans certains quartiers résidentiels, ont été régulièrement saluées par un public souvent âgé. Le candidat a concentré une partie de ses efforts dans ces secteurs, considérés comme des réservoirs de voix décisifs.

Si son épouse, Laurence Dessertine, a longtemps été active dans la majorité municipale précédente, le candidat se présente comme un homme « d’aucun parti », à la tête d’une liste « citoyenne ». Cette posture n’a pas empêché les accusations, notamment de la part des Républicains, d’avoir cherché à attirer à lui des militants d’autres formations. Ces dernières semaines, le ton de l’universitaire, jusque-là mesuré, s’est durci à l’encontre de Thomas Cazenave, qu’il tient pour responsable de la défaite de la droite il y a six ans. Des propos qui ont suscité des réactions vives dans le camp adverse.

Certains observateurs s’interrogent sur les motivations profondes de cette candidature jusqu’au-boutiste, évoquant en filigrane le parcours politique de son épouse, qui fut écartée de la liste fusionnée de droite au second tour des précédentes municipales. Philippe Dessertine, lui, rejette toute interprétation personnelle de son engagement, mettant en avant son expérience et sa préparation de longue date pour diriger la ville. Il réunira ses partisans ce lundi soir dans un quartier où le taux d’abstention avait été déterminant pour la victoire étroite de la gauche en 2020.

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