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Politique

L’Élysée et Matignon optent pour la discrétion lors de rencontres avec les Français

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_**Cette pratique, qui exclut les représentants des médias, suscite des interrogations sur la transparence de l’action publique et la nature du lien entre le pouvoir et la presse.**_

À plusieurs reprises, le président de la République et certains membres du gouvernement ont effectué des déplacements sur le territoire national sans la présence habituelle des journalistes accrédités. Ces visites, présentées comme des moments d’échange direct avec les citoyens, se sont déroulées dans des cadres informels, comme des cafés ou des exploitations agricoles. Les comptes rendus de ces rencontres ont ensuite été diffusés par les services de communication des institutions concernées, via des photographies ou des communiqués.

Cette approche rompt avec le protocole traditionnel des sorties officielles, habituellement couvertes par la presse présidentielle. L’Association de la Presse Présidentielle a exprimé son désaccord, soulignant que l’absence de reporters empêche un regard extérieur et indépendant sur ces événements. Pour ses défenseurs, cette méthode permet des conversations plus authentiques, libérées du formalisme et de la pression médiatique. Ils y voient un moyen de renouer un contact sans intermédiaire avec la population.

Des observateurs de la vie politique rappellent que cette stratégie n’est pas entièrement nouvelle. D’anciens chefs de l’État ou chefs de gouvernement, confrontés à des périodes de tension ou d’impopularité, ont parfois eu recours à des formules similaires pour s’adresser aux Français en dehors du cadre médiatique habituel. L’objectif affiché est souvent de donner une image plus spontanée de l’action exécutive.

Cependant, cette pratique soulève des questions sur les principes démocratiques qui entourent l’exercice du pouvoir. Des voix critiques estiment que les déplacements des plus hautes autorités, financés sur fonds publics, doivent pouvoir faire l’objet d’un contrôle et d’un compte rendu indépendants. Elles redoutent que la communication institutionnelle, en l’absence de vérification journalistique, ne devienne la seule source d’information disponible pour le public.

Ce débat intervient dans un contexte de défiance mutuelle parfois accentuée entre la sphère politique et les médias. Le choix de certains responsables de court-circuiter les canaux traditionnels de l’information est perçu par une partie de la profession comme une remise en cause de son rôle de témoin et de contre-pouvoir. Au-delà des considérations tactiques, c’est la nature de la relation entre les institutions, les citoyens et la presse qui se trouve interrogée par ces nouvelles habitudes.

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