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Le tocsin de Mésigny divise néoruraux et villageois

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Une pétition réunissant près de 10 000 signatures défend les sonneries nocturnes de l’église, face aux plaintes de nouveaux résidents dans ce bourg savoyard.

La quiétude du village de Mésigny, en Haute-Savoie, est troublée par un différend opposant défenseurs des traditions et habitants récemment installés. À l’origine du litige, les sonneries nocturnes du clocher de l’église paroissiale, qui rythment la vie locale depuis 155 ans. Une pétition intitulée « Sauvons les cloches de l’église de Mésigny » a recueilli un soutien massif, dépassant les frontières de cette commune de 800 âmes.

Les auteurs du texte, se présentant sous le nom collectif de « Cœur de village », estiment que les nouveaux arrivants doivent s’adapter aux usages établis plutôt que d’en exiger la modification. Leur argumentaire, sans concession, souligne le caractère identitaire de ces sonneries, qualifiées de « repère pour les habitants ». La controverse a pris corps lorsqu’une résidente a demandé une interruption estivale des tintements nocturnes, invoquant des troubles du sommeil.

L’équipe municipale, consultée en avril dernier, s’est prononcée à l’unanimité pour le maintien de cette pratique historique. Toutefois, l’édile locale a laissé entrevoir une possible médiation, évoquant la nécessité d’écouter l’ensemble des parties prenantes. Ce contentieux s’inscrit dans un contexte législatif particulier, depuis l’inscription en 2021 des ambiances sonores rurales au patrimoine sensoriel national, protégeant ainsi cloches, cris animaux et odeurs caractéristiques de la campagne française.

L’affaire illustre les tensions récurrentes entre préservation du patrimoine immatériel et exigences contemporaines de quiétude, dans des territoires ruraux en pleine mutation démographique.

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