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Le Somaliland mise sur l’expertise israélienne pour affronter la pénurie hydrique

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_**Dans cette région autonome de la Corne de l’Afrique, les agriculteurs, confrontés à des sécheresses récurrentes, voient dans le partenariat noué avec Tel-Aviv une lueur d’espoir pour sécuriser leurs récoltes et leurs moyens de subsistance.**_

Les champs de Faysal Omar Salah, près de Hargeisa, ne sont plus que terre craquelée sous un soleil implacable. Comme de nombreux paysans de cette zone pourtant réputée pour ses précipitations relativement régulières, il constate l’absence de pluie depuis de longs mois. Cette aridité persistante menace directement la survie des familles, qui dépendent entièrement de leurs cultures et de leur bétail. Face à cette détérioration, un espoir nouveau se dessine à l’horizon, porté par une coopération diplomatique inédite.

Fin décembre dernier, Israël a en effet officialisé sa reconnaissance du Somaliland, un geste politique majeur pour ce territoire qui a fait sécession de la Somalie en 1991. Au-delà des implications géostratégiques, cet accord ouvre la voie à une collaboration concrète dans plusieurs domaines, au premier rang desquels figure la gestion de l’eau. Les autorités israéliennes, fortes de leur expérience dans la transformation de régions arides, promettent un transfert de compétences techniques.

Un premier groupe de spécialistes somalilandais s’est déjà rendu en Israël pour y suivre une formation. L’objectif est clair. Il s’agit d’importer des savoir-faire éprouvés, comme le recyclage des eaux usées, le dessalement ou les systèmes d’irrigation de précision, afin de réduire la vulnérabilité de l’agriculture locale aux aléas climatiques. Cette expertise est perçue comme vitale dans un contexte où près de 90% des agriculteurs pratiquent encore une culture pluviale traditionnelle, les rendant extrêmement dépendants de précipitations de plus en plus erratiques.

Les conséquences de cette insécurité hydrique sont lourdes. Les organisations internationales alertent sur la dégradation de la situation nutritionnelle, avec une part significative de la population confrontée à des difficultés d’accès à la nourriture. La diminution des financements humanitaires aggrave encore les perspectives. Dans ce tableau préoccupant, chaque initiative pour renforcer la résilience agricole revêt une importance cruciale.

Certains agriculteurs, à l’image de Muhummad Mohamad Ismail, ont déjà entrepris des investissements personnels considérables pour s’adapter, construisant des réservoirs et perfectionnant des méthodes d’arrosage artisanales pour économiser chaque goutte. Leur ténacité illustre une vérité simple, souvent répétée ici. L’eau est synonyme de vie. Le ministère de l’Agriculture local nourrit l’ambition d’étendre les surfaces cultivées grâce aux nouvelles technologies, voyant dans ce partenariat une opportunité de modernisation.

Pour les habitants des campagnes somalilandaises, cet appui technique représente bien plus qu’une simple coopération internationale. Il incarne une possibilité tangible de préserver leurs terres et leur mode de vie, en leur donnant les moyens de faire face à un environnement de plus en plus contraignant. L’attente est forte, mêlant espoir et pragmatisme, alors que les prochaines saisons des pluies se font incertaines.

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