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Le Sénégal durcit considérablement sa législation contre les relations homosexuelles

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Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une réforme qui alourdit fortement les sanctions pénales. Cette décision intervient dans un climat de tension sociale croissante sur cette question.

Le texte, adopté à une large majorité par l’Assemblée nationale le mois dernier, a été publié au Journal officiel. Il porte désormais la peine encourue pour des relations entre personnes de même sexe de un à cinq ans à une fourchette de cinq à dix ans d’emprisonnement. Les amendes sont également revues à la hausse, pouvant désormais atteindre des montants bien supérieurs.

La loi élargit par ailleurs le champ des infractions. Elle prévoit des sanctions contre la promotion ou le financement de l’homosexualité. Dans le même temps, elle entend réprimer les dénonciations abusives faites de mauvaise foi à l’encontre de personnes soupçonnées. La peine maximale est applicable si les faits impliquent un mineur.

Cette promulgation survient après plusieurs semaines marquées par une série d’arrestations de personnes accusées d’actes homosexuels, largement relayées par la presse locale. Le débat public sur ce sujet, régulièrement soulevé dans le pays, s’est intensifié récemment, porté par des associations religieuses influentes qui réclamaient un renforcement de la répression.

Au Parlement, le ministre de l’Intérieur a salué l’adoption d’une « belle loi ». Une députée a déclaré que les personnes homosexuelles « ne respireront plus » dans le pays, provoquant des applaudissements sur certains bancs. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a pour sa part estimé que le maintien de la qualification de délit, et non de crime, était suffisant pour atteindre les objectifs poursuivis, une position qui lui vaut des critiques de l’opposition.

La communauté internationale a réagi de manière mesurée. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a exprimé son inquiétude, jugeant que cette législation portait atteinte aux droits fondamentaux. L’agence onusienne de lutte contre le sida a, quant à elle, alerté sur les conséquences potentielles pour la santé publique.

Cette évolution législative s’inscrit dans un contexte africain où plus de la moitié des pays interdisent et répriment l’homosexualité. Les peines varient considérablement d’un État à l’autre, allant de l’emprisonnement à la peine capitale dans quelques cas. Au Sénégal, société très majoritairement musulmane, l’homosexualité est largement perçue comme une déviance et souvent présentée par ses détracteurs comme une importation de valeurs étrangères.

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