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Le Salvador ouvre la voie à une présidence à vie pour Nayib Bukele

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Le Parlement, largement acquis au chef de l’État, a modifié la Constitution pour supprimer toute limitation de mandats présidentiels, suscitant de vives critiques sur l’avenir démocratique du pays.

L’Assemblée législative du Salvador a adopté une réforme constitutionnelle historique autorisant la réélection indéfinie du président. Le texte, voté à la majorité écrasante des députés favorables à Nayib Bukele, supprime également le second tour des élections et étend la durée du mandat présidentiel à six ans. Cette décision permet au chef de l’État, actuellement en poste depuis 2019, de briguer un nouveau mandat en 2027, alors que son second quinquennat devait initialement s’achever en 2029.

Porté par une popularité exceptionnelle due à sa politique répressive contre les gangs criminels, Nayib Bukele avait déjà contourné l’interdiction constitutionnelle d’un deuxième mandat en 2024 grâce à une interprétation favorable de la Cour suprême. Cette nouvelle réforme, adoptée en procédure accélérée, consolide son emprise sur les institutions. Les rares élus d’opposition présents ont dénoncé un coup porté à la démocratie, l’une d’entre eux affirmant que « les masques étaient tombés ».

La stratégie sécuritaire du président, marquée par un état d’exception prolongé et des arrestations massives, a certes réduit la criminalité, mais elle a aussi été critiquée pour ses dérives autoritaires. Plusieurs organisations internationales ont pointé des détentions arbitraires et des conditions carcérales inhumaines. Parallèlement, les voix dissidentes, qu’elles soient journalistiques ou associatives, font face à une pression croissante, poussant nombre d’entre elles à l’exil.

Si Nayib Bukele se défend de toute ambition dictatoriale, arguant que sa priorité reste la sécurité des Salvadoriens, cette réforme constitutionnelle alimente les comparaisons avec d’autres régimes d’Amérique latine où le pouvoir s’est progressivement concentré entre les mains d’un seul homme. Le débat sur l’équilibre entre stabilité politique et respect des principes démocratiques reste plus que jamais ouvert.

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