Planète
Le réchauffement menace l’identité norvégienne du ski
La tradition hivernale de la Norvège, pilier de sa culture et de ses succès olympiques, est confrontée à une transformation profonde sous l’effet du changement climatique.
Dévalant des pistes sous un toit, des skieurs s’entraînent dans un complexe couvert de Lørenskog, près d’Oslo. Ce paysage, inhabituel pour une nation où la neige est un élément constitutif de l’identité nationale, illustre une adaptation devenue nécessaire. L’adage selon lequel les Norvégiens naissent avec des skis aux pieds se heurte désormais à la réalité de saisons hivernales plus courtes et moins enneigées.
Les projections scientifiques sont sans équivoque. D’ici la fin du siècle, les températures hivernales devraient augmenter de plusieurs degrés, raccourcissant la période d’enneigement suffisant de plusieurs mois dans de nombreuses régions. Les zones côtières, où vit la majorité de la population, pourraient ne plus connaître d’hiver au sens traditionnel du terme. À Oslo, la saison froide a déjà perdu un mois par rapport à il y a trente ans.
Cette évolution climatique s’accompagne d’un recul de la pratique populaire. Le nombre de licenciés dans les clubs de ski a chuté de manière significcente au cours de la dernière décennie. Outre la météo, d’autres facteurs contribuent à ce désintérêt, comme la concurrence d’autres sports ou les changements dans les modes de vie. La culture du ski, autrefois activité de masse, se fragilise dans certaines communautés.
Face à ce constat, les autorités et les chercheurs explorent des solutions pour préserver l’accès à la neige. Le projet « Snow for the future » vise à développer des systèmes de production de neige artificielle plus durables et moins énergivores, capables de fonctionner à des températures plus élevées. L’objectif est de maintenir la pratique à proximité des centres urbains. Les dômes de ski, comme celui de Lørenskog, représentent une autre réponse, offrant une expérience stable et permettant même de valoriser la chaleur excédentaire pour chauffer des bâtiments voisins.
Du côté des athlètes de haut niveau, la perception de cette mutation diffère. Certains estiment que des hivers plus courts pourraient paradoxalement simplifier la préparation estivale, en éliminant une période de transition autrefois difficile. L’entraînement sur neige ne constituerait plus qu’une partie du cycle annuel, sans remettre en cause les fondamentaux de la performance. La domination norvégienne aux Jeux olympiques d’hiver pourrait donc perdurer, même si le rapport à la neige naturelle, lui, est appelé à se transformer en profondeur.
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