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Le rail ukrainien, une ligne de vie sous le feu

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Malgré les frappes ciblant les voies ferrées, les cheminots ukrainiens poursuivent leur mission vitale pour la nation, une détermination forgée dans l’épreuve du combat quotidien.

L’attaque a été d’une précision glaçante. Alors que le convoi progressait dans la région de Kharkiv, l’équipage a vu arriver les engins. L’ordre d’évacuer les voyageurs a été donné, mais la manœuvre n’a pu être menée à son terme. Une première explosion a secoué la voie, contraignant le train à un arrêt brutal. Une seconde frappe, quelques instants plus tard, a embrasé l’un des wagons. Le bilan fut lourd, avec plusieurs victimes parmi les passagers.

Cet événement, survenu fin janvier, est venu rappeler avec une cruelle acuité la vulnérabilité des infrastructures de transport en Ukraine. Les images de l’évacuation dans le froid hivernal, montrant des civils cherchant un abri dans la neige, ont largement circulé. Pour les autorités et les employés du secteur, cet épisode s’inscrit dans une stratégie délibérée de perturbation.

L’objectif poursuivi par ces assauts répétés contre le réseau ferré serait, selon les analyses, de rompre les liaisons entre les régions, d’instiller un sentiment d’insécurité parmi la population et d’entraver la mobilité des civils comme des biens. Le chemin de fer constitue en effet une artère essentielle pour le pays en conflit, assumant des fonctions critiques depuis le début des hostilités. Il permet les déplacements de troupes, l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des personnes vulnérables.

Les témoignages des professionnels du rail illustrent cette réalité. Un conducteur de train, ancien militaire, reconnaît la présence permanente de l’appréhension. Il affirme cependant que le sens du devoir l’emporte, une conviction partagée par de nombreux collègues. Une hôtesse évoque la solidarité qui unit les équipes, décrivant une communauté soudée face à l’adversité. Cette cohésion est perçue comme un rempart contre la peur.

La résilience du système ferroviaire reste un enjeu majeur. Malgré les destructions et les risques, les convois continuent de circuler, souvent sur des trajets devenus des lignes vitales entre l’ouest du pays et des zones plus exposées. Pour de nombreux Ukrainiens, ce mode de transport demeure la seule option viable pour des déplacements essentiels, qu’il s’agisse de rejoindre sa famille ou d’accéder à des services.

La poursuite du service, dans ces conditions extrêmes, dépasse la simple question logistique. Elle incarne une forme de résistance civile, une volonté de maintenir les liens au sein de la nation et de refuser la paralysie que cherche à imposer la guerre. Le rail continue ainsi de symboliser, au prix de grands dangers pour ceux qui le font fonctionner, la ténacité d’un pays tout entier.

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