Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Le quadball, un héritage de Poudlard qui s’épanouit en Ouganda

Article

le

Dans un village ougandais, un sport inspiré de l’univers d’Harry Potter a pris racine, fédérant une communauté et ouvrant de nouveaux horizons à sa jeunesse.

À Katwadde, un village situé à plus de cent kilomètres de Kampala, une scène pour le moins singulière se déroule régulièrement. Des athlètes, un bâton entre les jambes, courent sur un terrain en tentant d’envoyer un ballon à travers des cerceaux surélevés, tandis que d’autres cherchent à s’emparer d’une petite balle dorée. Cette pratique, directement issue des romans de J.K. Rowling, a été officiellement rebaptisée quadball. Elle connaît un développement inattendu dans cette région rurale d’Afrique de l’Est.

L’initiative revient à un instituteur local, qui a découvert le concept en lisant un livre emprunté à un voisin. Intrigué par le terme inconnu de « Quidditch », il a mené ses recherches en ligne. Cette découverte l’a convaincu d’importer les règles de ce jeu fictif pour en faire une activité sportive réelle au sein de sa communauté. Le premier tournoi national s’est d’ailleurs tenu avec succès dans l’enceinte de son école en 2023.

Le jeu, qui mélange des éléments de plusieurs sports collectifs, impose la mixité des équipes. Cette caractéristique a, selon ses promoteurs, favorisé la cohésion et le respect mutuel parmi les participants. Au-delà de l’aspect ludique, l’introduction de cette discipline a eu un impact social notable. Elle a contribué à attirer davantage d’enfants vers le système scolaire dans une zone où l’accès à l’éducation peut être limité.

Aujourd’hui, le pays compterait plus de deux cents pratiquants. Pour de nombreux jeunes joueurs, comme la fille de l’initiateur du projet, ce sport offre une fenêtre sur le monde et nourrit l’ambition de pouvoir un jour concourir au niveau international. Les instances du quadball œuvrent d’ailleurs à son affirmation en tant que discipline sportive à part entière, tout en cherchant à se distancier des prises de position controversées de l’autrice de la saga originelle.

Malgré l’enthousiasme, le manque de moyens financiers reste un frein majeur. Il a jusqu’à présent empêché la délégation ougandaise de se rendre aux championnats mondiaux, pourtant accessibles sur invitation. L’espoir demeure toutefois de voir un jour une équipe nationale représenter le pays sur la scène mondiale, un aboutissement qui symboliserait la réussite de cette aventure singulière née d’un livre de fiction.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus