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Faits Divers

Le procès en appel s’ouvre sur le portrait d’une accusée jugée « inapte »

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L’employée de crèche, condamnée en première instance pour la mort d’une fillette de onze mois, comparaît à nouveau. Les débats ont débuté par l’évocation d’une personnalité décrite comme profondément immature et d’un geste dont la dangerosité ne pouvait, selon l’accusation, être ignorée.

Les experts et enquêteurs ont dressé, ce mercredi, un portrait sévère de la prévenue. Âgée de 27 ans au moment des faits, Myriam Jaouen est présentée comme une femme dont la maturité psychologique ne correspondrait pas à son âge. Les qualificatifs de « maladroite », « brusque » et même « inapte » à la garde de jeunes enfants ont été prononcés à la barre, un ensemble de traits résumé par un officier de police comme formant un « tableau très noir ». Ces éléments pourraient être retenus à titre de circonstances atténuantes.

Cependant, les représentants des forces de l’ordre ont immédiatement nuancé cette perspective en mettant en cause les déclarations de l’intéressée. Ils estiment improbable qu’elle ait pu méconnaître les effets du produit caustique qu’elle a administré en grande quantité à l’enfant. Le débat sur son intention et sa pleine conscience des conséquences de son acte s’annonce central dans cette nouvelle procédure.

Lors du premier procès, tenu à Lyon, les jurés avaient écarté l’accusation de meurtre pour retenir celle de tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, conduisant à une condamnation à vingt-cinq années de réclusion criminelle. Cette qualification judiciaire avait été vécue comme une épreuve supplémentaire par les parents de la victime, qui ont obtenu que le parquet fasse appel. Ils suivent désormais les débats avec l’attente d’une réponse pénale qu’ils espèrent à la mesure de la douleur endurée.

À l’ouverture de l’audience, la présidente de la cour a rappelé que la prévenue encourait cette fois la perpétuité pour meurtre. Myriam Jaouen, dont l’attitude contrastait avec le calme observé lors du premier procès, s’est exprimée d’une voix étreinte par l’émotion. Elle a présenté ses regrets, affirmant ne jamais avoir voulu que la situation dégénère. À l’énoncé des détails médicaux décrivant les brûlures internes extrêmes et l’agonie de l’enfant, la mère de la petite Lisa n’a pu contenir son effroi.

L’audition d’un enregistrement des appels aux secours, durant lesquels les cris de l’enfant sont audibles, a contraint la famille à quitter temporairement la salle d’audience. Les faits remontent à juin 2022. Ce jour-là, l’accusée, seule pour accueillir les premiers enfants dans une micro-crèche du groupe People & Baby, avait finalement avoué aux enquêteurs avoir fait ingérer à la fillette un déboucheur pour canalisation afin, selon ses dires, de faire cesser ses pleurs. Elle avait justifié son geste par un état de fatigue.

L’instruction a mis en lumière son parcours professionnel. Titulaire d’un CAP Petite enfance obtenu de justesse et recrutée seulement trois mois avant les événements, son manque d’expérience a été souligné. L’avocate des parties civiles a insisté sur le fait que cette formation inclut nécessairement la sensibilisation aux dangers des produits ménagers et à la lecture de leurs étiquettes. Un policier a confirmé que la prévenue elle-même avait reconnu, lors de sa garde à vue, que ce produit n’avait « rien à faire là », un aveu interprété comme la preuve de sa conscience du risque.

Le procès a également été l’occasion d’aborder les conditions de travail au sein de la structure. Des témoignages ont pointé des sous-effectifs chroniques et une pression managériale, tandis que l’ancienne directrice a reconnu une part de responsabilité dans le recrutement d’une personne aux compétences et à l’expérience jugées insuffisantes. Ce drame avait provoqué une vive émotion à l’échelle nationale et suscité plusieurs investigations sur les pratiques du secteur de la petite enfance.

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