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Le président kosovar démissionne pour faire face à son inculpation à la Haye

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Le président du Kosovo Hashim Thaçi a démissionné jeudi pour faire face à son inculpation par le tribunal spécial de la Haye sur les crimes de guerre durant le conflit contre les forces serbes, une chute dramatique pour un homme au coeur du pouvoir depuis plus d’une décennie.

L’ancien chef politique de la rébellion indépendantiste (UCK) a expliqué qu’il voulait par son retrait protéger la fonction présidentielle, après la validation par un juge de sa mise en accusation pour des chefs découlant de la guerre de la fin des années 1990.

« Pour défendre l’intégrité de la fonction de président et du Kosovo, ainsi que la dignité des citoyens, je démissionne du poste de président de la République du Kosovo », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Pristina.

Quelques heures plus tard, il décollait de la capitale kosovare avec deux autres ex-guérilloros inculpés, à bord d’un avion militaire à destination de la Haye, selon la presse locale.

Hashim Thaçi, 52 ans, proclame depuis toujours son innocence dans le conflit de 1998-99 et accuse la justice internationale de « réécrire l’Histoire ».

La plupart des habitants du Kosovo, qui a déclaré en 2008 son indépendance jamais reconnue par Belgrade, considèrent le conflit comme une « guerre juste » contre l’oppresseur serbe.

« Collaborer avec la justice »

« Ce ne sont pas des moments faciles pour moi et ma famille, et pour ceux qui m’ont soutenu et ont cru en moi durant ces trois dernières décennies de lutte pour la liberté, l’indépendance et la construction d’une nation », a lancé l’ancien guérilléro.

Vjosa Osmani, la présidente du Parlement, assumera les fonctions de cheffe de l’Etat par intérim.

La mise en accusation de Hashim Thaçi, qui était président depuis 2016 après avoir été Premier ministre, avait été rendue publique en juin par le tribunal spécial de la Haye (KSC). Mais elle devait, selon la procédure, encore être validée par un juge.

Il est soupçonné d’être « responsable de près de cent meurtres », de disparitions forcées, de persécutions et de tortures.

Hashim Thaçi n’a pas précisé quelles charges avaient été retenues par le tribunal spécial pour son inculpation. Il a cependant promis de « collaborer étroitement avec la justice ». « Je crois en la vérité, en la réconciliation et en l’avenir de notre pays et de notre société », a-t-il dit.

Le tribunal s’est refusé à tout commentaire.

Son allié proche, Kadri Veseli, ex-patron du renseignement de la guérilla, a également annoncé jeudi la confirmation de son inculpation par la justice internationale.

Au total, cinq guérilleros sont dans ce cas.

Le KSC est une instance de droit kosovar composée de juges internationaux et chargée d’enquêter sur des crimes commis par les indépendantistes kosovars, principalement à l’encontre de Serbes, de Roms et d’opposants kosovars à la guérilla.

corruption d’une élite

Dernier conflit à consacrer la désintégration de l’ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo a fait plus de 13.000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s’est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

Des hauts responsables de l’armée et de la police serbes furent par la suite condamnés pour crimes de guerre par la justice internationale, lors du conflit durant lequel des milliers de civils albanais ont été tués, torturés ou déplacés.

Mais certains responsables de la guérilla, dont beaucoup sont devenus des acteurs politiques majeurs, sont aussi accusés d’atrocités contre des Serbes, des Roms et des opposants albanais pendant et après la guerre.

Le tribunal spécial siège aux Pays-Bas afin de protéger les témoins qui sont soumis à des pressions et des menaces. Les procureurs ont accusé par deux fois Hashim Thaçi de vouloir nuire aux travaux de la cour.

Au Kosovo, l’un des endroits les plus pauvres d’Europe, certains accusent le président de représenter une élite coupable de corruption et de capture des ressources de l’Etat. Mais peu de Kosovars critiquent l’héritage de l’UCK.

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Royaume-Uni : le Premier ministre Rishi Sunak limoge un ministre en raison de ses démêlés fiscaux

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Royaume-Uni : le Premier ministre Rishi Sunak limoge un ministre en raison de ses démêlés fiscaux

Le ministre sans portefeuille et président du Parti conservateur Nadhim Zahawi a été limogé à l’issue d’une enquête indépendante.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a limogé le ministre sans portefeuille et président du Parti conservateur, Nadhim Zahawi, en raison d’une violation du code ministériel liée à ses démêlés fiscaux, a annoncé dimanche 29 janvier Downing Street. À l’issue d’une enquête indépendante, « il est clair qu’il y a eu une grave violation du code ministériel », a expliqué le chef du gouvernement.

« En conséquence, je vous informe de ma décision de vous démettre de vos fonctions au sein du gouvernement de Sa Majesté », a poursuivi Rishi Sunak. En limogeant Nadhim Zahawi plutôt qu’en lui demandant de démissionner, Rishi Sunak cherche à affirmer son autorité, lui qui avait promis à son arrivée à Downing Street « intégrité, professionnalisme et responsabilité ».

Le Premier ministre britannique avait chargé lundi son conseiller éthique indépendant d’enquêter pour déterminer si Nadhim Zahawi, qui siège au Conseil des ministres, avait enfreint le code ministériel dans le cadre du règlement de plusieurs millions de livres sterling qu’il a dû payer pour solder un litige avec le fisc.

Après treize ans au pouvoir, les conservateurs ont vu ces dernières années leur réputation entachée par des affaires de conflits d’intérêts, alimentant des accusations de corruption de la part de l’opposition travailliste, largement en tête des sondages.

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Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

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Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

Un homme a été interpellé après avoir attaqué à l’arme blanche plusieurs personnes dans un église du sud de l’Espagne.

Un sacristain a été tué mardi 24 janvier et un prêtre grièvement blessé, dans une attaque à la machette dans deux églises d’Algésiras, dans le sud de l’Espagne, a indiqué une source policière à l’AFP, précisant qu’un homme avait été arrêté. Une enquête a été ouverte pour des faits présumés de terrorisme. Elle sera menée par un magistrat de l’Audience nationale, tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme, a précisé le parquet, sans donner plus de précisions.

L’attaque à l’arme blanche s’est produite peu avant 20h dans l’église de San Isidro d’Algésiras, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Une personne a été tuée à l’extérieur de l’église et une blessée dans l’église, a ajouté le ministère.

Selon un prêtre d’Algésiras, cité par El Pais, «l’agresseur s’est d’abord rendu à la paroisse de San Isidro, où il a attaqué le sacristain». «Quelques instants plus tard, il est allé à l’église de la Plaza de la Palma, où il a rencontré le prêtre dans la rue, l’a attaqué et l’a laissé pour mort. Ensuite, il a semblé aller à l’église de la Virgen de Europa, mais je ne sais pas s’il y est arrivé. Toutes les églises sont situées au centre de la ville», raconte le religieux. Plusieurs sources policières soulignent qu’il y a eu des assauts dans «au moins deux églises». Les mêmes sources confirment que l’agresseur était sans papiers, «sans doute d’origine marocaine».

Peu après l’attaque, le président de la communauté d’Andalousie Juan Manuel Moreno a réagi. «Horrible et déchirant. Un sacristain a été assassiné et au moins un autre prêtre a été blessé dans un attentat qui a eu lieu à Algésiras. Prudence, les faits sont en cours d’investigation. Je condamne fermement le crime. L’intolérance n’aura jamais sa place dans notre société», a-t-il écrit sur Twitter.

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Royaume-Uni : le Premier ministre reçoit une amende pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité

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Royaume-Uni : le Premier ministre reçoit une amende pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a reçu une amende vendredi pour ne pas avoir porté la ceinture de sécurité la veille alors qu’il tournait une vidéo à l’arrière d’une voiture.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a reçu une amende, vendredi 20 janvier, pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, mais qui a depuis été retirée, le chef du gouvernement conservateur évoque avec entrain sa politique de rééquilibrage territorial, assis à l’arrière d’une voiture sans porter sa ceinture de sécurité, lors d’un déplacement dans le Lancashire, dans le nord de l’Angleterre.

Rapidement, les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux et Rishi Sunak a reconnu jeudi soir « une erreur de jugement ». La police du Lancashire a annoncé la sanction dans un tweet vendredi : « Après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un individu ne portant pas sa ceinture de sécurité alors qu’il était passager d’une voiture en mouvement dans le Lancashire, nous avons aujourd’hui émis une offre conditionnelle de pénalité fixe à un homme de 42 ans de Londres ».

Le Premier ministre « reconnaît pleinement qu’il s’agissait d’une erreur et a présenté ses excuses. Il va bien sûr se conformer à l’amende fixée », n’a pas tardé à réagir un porte-parole de Downing Street. Selon la BBC, la contravention pour le non-port de la ceinture de sécurité en tant que passager d’une voiture s’élève à 100 livres sterling (114,20 euros) et peut monter jusqu’à 500 livres sterling (571 euros) si l’affaire est portée devant le tribunal.

Ce n’est pas la première fois que Rishi Sunak reçoit une amende. Quand il était ministre des Finances de Boris Johnson, il avait été sanctionné dans le scandale dit du « Partygate », pour avoir été présent lors d’un rassemblement pour l’anniversaire du Premier ministre, en violation des règles anti-Covid.

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