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Le président bissau-guinéen déchu trouve refuge à Brazzaville

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Alors que l’ancien chef de l’État Umaro Sissoco Embalo rejoint le Congo, la capitale Bissau connaît de nouvelles tensions politiques et des manifestations sporadiques.

L’ancien président de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo a rejoint Brazzaville ce samedi, après avoir transité par le Sénégal. Son arrivée sur le territoire congolais intervient dans un contexte de fortes tensions politiques dans son pays, où les militaires ont pris le pouvoir mercredi dernier. Le putsch a entraîné la suspension du processus électoral en cours, dont les résultats n’ont jamais été officiellement proclamés.

Selon des sources proches de la présidence congolaise, l’ancien chef de l’État a atterri à bord d’un avion privé en milieu de journée. Ses relations étroites avec le président Denis Sassou Nguesso expliqueraient ce choix de destination. Pendant ce temps, à Bissau, le parti d’opposition historique PAIGC a dénoncé l’intrusion d’hommes armés dans son siège central.

La junte militaire a justifié son intervention par la nécessité de rétablir l’ordre et de contrer ce qu’elle présente comme un plan de déstabilisation impliquant des trafiquants de drogue. Le général Horta N’Tam, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, a été désigné pour diriger une période de transition d’une durée prévue de douze mois.

Plusieurs observateurs politiques émettent l’hypothèse que M. Embalo aurait lui-même orchestré son éviction pour interrompre le scrutin. Le principal candidat d’opposition, Fernando Dias, affirme avoir remporté l’élection présidentielle et accuse l’ancien président d’avoir monté ce coup d’État pour se maintenir au pouvoir.

Des heurts limités ont opposé des jeunes aux forces de sécurité dans un quartier périphérique de la capitale, à proximité du quartier général de campagne de M. Dias. Les autorités militaires ont procédé à l’arrestation de plusieurs figures politiques, dont Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC.

La communauté internationale a unanimement condamné la prise de pouvoir par la force. Les organisations régionales et internationales ont suspendu la participation de la Guinée-Bissau à leurs instances décisionnelles tout en exigeant un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Cette nation ouest-africaine, marquée par une instabilité politique chronique depuis son indépendance en 1974, connaît son quatrième changement de régime par la force. La situation actuelle s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité institutionnelle et de difficultés économiques persistantes.

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