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Économie

Le Mozambique face au dilemme de son eldorado gazier

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Un projet pharaonique à 20 milliards de dollars pourrait redémarrer, entre promesses économiques et risques sécuritaires.

Le nord du Mozambique pourrait bientôt voir reprendre les activités du méga-projet gazier mené par TotalEnergies, suspendu depuis trois ans suite à une attaque jihadiste meurtrière. Ce chantier titanesque, qui représente l’un des plus importants investissements énergétiques en Afrique, suscite autant d’espoirs que de controverses.

Découvertes au large de Cabo Delgado, les immenses réserves gazières du pays – estimées à 5 000 milliards de mètres cubes – pourraient propulser le Mozambique parmi les dix premiers producteurs mondiaux. Plusieurs multinationales se sont positionnées sur ce nouvel eldorado, avec des projets concurrents portés par ENI et ExxonMobil.

Pourtant, ce potentiel économique se heurte à une réalité complexe. La région reste minée par une insurrection islamiste active depuis 2017, ayant fait près de 6 000 morts. L’attaque de Palma en 2021, qui avait causé la mort de centaines de personnes dont des travailleurs du projet, a conduit à son arrêt immédiat. Des procédures judiciaires sont en cours contre TotalEnergies, accusé de négligence sécuritaire.

La reprise éventuelle du projet, qui pourrait intervenir cet été, dépendra de plusieurs facteurs : la levée de l’état de force majeure par les actionnaires, la stabilisation sécuritaire grâce aux troupes rwandaises financées par l’UE, et l’apaisement du climat politique après des élections contestées.

Si le FMI prévoit une croissance à deux chiffres grâce à ces investissements, les retombées réelles pour la population restent incertaines. Avec seulement 5 000 emplois locaux promis et des risques de corruption avérés, le miracle économique tant attendu pourrait se transformer en mirage pour l’un des pays les plus pauvres au monde. Un paradoxe cruel pour cette nation particulièrement vulnérable au changement climatique, qui mise son avenir sur des énergies fossiles qualifiées de « bombes climatiques » par les ONG environnementales.

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