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Économie

Le mohair sud-africain, un trésor de fibre dorée

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Dans les vastes étendues arides du Karoo, une race caprine singulière produit une laine précieuse, faisant de l’Afrique du Sud le leader incontesté d’un marché de niche exigeant.

Le semi-désert du Karoo, avec ses horizons infinis et sa végétation rase, abrite un élevage d’exception. Sur des fermes aux bâtiments historiques, des milliers de chèvres angora paissent, reconnaissables à leurs longues oreilles tombantes et à leur toison aux reflets soyeux. C’est cette fibre, le mohair, qui constitue la richesse de ces terres apparemment ingrates. Le pays assure à lui seul plus de la moitié de l’approvisionnement mondial.

Cette production ancestrale, introduite dans la région au XIXe siècle, s’est parfaitement acclimatée à l’environnement local. Les animaux se nourrissent des plantes succulentes endémiques, un régime qui contribuerait à la qualité unique de leur pelage. Les éleveurs soulignent que le climat sec de la région, pauvre en parasites, est idéal pour obtenir une fibre de premier choix. Les soins apportés aux bêtes, incluant des traitements réguliers et deux tontes annuelles, visent à préserver l’éclat et la finesse des boucles caractéristiques du mohair.

La réputation de cette matière dépasse largement les frontières sud-africaines. Elle est recherchée par les maisons de haute couture et les fabricants de tissus haut de gamme pour son lustre naturel et sa capacité à magnifier les couleurs. Certains producteurs ont même établi des partenariats directs avec de prestigieuses marques européennes, garantissant ainsi une traçabilité complète de la fibre, de l’élevage jusqu’au produit fini.

Le secteur a toutefois dû surmonter une période difficile, il y a quelques années, à la suite de critiques concernant le bien-être animal. La filière a réagi en instaurant un label strict et des protocoles de contrôle renforcés, permettant de regagner la confiance des acheteurs internationaux. Aujourd’hui, la demande est repartie à la hausse, soutenant une activité qui génère des dizaines de milliers d’emplois.

La transformation et la commercialisation de cette fibre délicate restent largement concentrées dans le pays. Deux grands courtiers se partagent l’essentiel du marché mondial, tandis que le travail de filature est également majoritairement réalisé localement. Cette maîtrise de toute la chaîne de valeur, associée à un savoir-faire technique difficile à reproduire, constitue selon les professionnels un avantage décisif face à la concurrence émergente. Dans le silence du veld, c’est tout un écosystème économique qui prospère, tissé autour d’une laine aussi rare que précieuse.

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