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Le maire de Valenciennes face à la justice, son avenir politique suspendu à un délibéré

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_**Le parquet a requis cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire contre Laurent Degallaix, mis en examen pour prise illégale d’intérêts et subornation de témoin. Le tribunal rendra sa décision fin avril, après les élections municipales.**_

Le procureur a demandé, ce vendredi, une peine de cinq ans d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire à l’encontre de Laurent Degallaix, maire de Valenciennes. L’élu, qui brigue un nouveau mandat lors des prochaines municipales, est jugé pour des faits de prise illégale d’intérêts et de tentative de subornation de témoin. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 30 avril prochain, soit après le scrutin des 15 et 22 mars.

Outre cette interdiction d’exercer tout mandat électif, le ministère public a requis une peine d’un an d’emprisonnement avec placement sous surveillance électronique, ainsi qu’une amende de 25 000 euros. Le parquet a justifié la sévérité de ses réquisitions par la gravité des manquements reprochés, qui porteraient, selon lui, atteinte à l’image de la fonction publique, et par la récidive légale, l’élu ayant déjà été condamné pour des infractions similaires en 2019.

La défense de l’édile, qui a plaidé la relaxe, a vivement réagi en dénonçant des réquisitions « totalement disproportionnées » et une forme d’« exécution politique ». L’un de ses conseils a également regretté une « immixtion dans le processus électoral et démocratique », tout en reconnaissant que le tribunal avait accepté de reporter son délibéré après la période électorale. Laurent Degallaix lui-même s’est abstenu de tout commentaire à l’issue de l’audience.

Les faits remontent à plusieurs années. Le magistrat instructeur retient notamment que l’élu aurait usé de son influence pour faciliter l’embauche d’une femme avec laquelle il entretenait une relation intime au sein d’une société gestionnaire du stationnement de la ville. Il est ensuite accusé d’avoir tenté de la dissuader de déposer plainte contre lui. Une autre affaire, concernant le licenciement accéléré d’une employée proche de l’opposition, est également évoquée.

L’avocat des parties civiles a salué des réquisitions « parfaitement logiques », rejetant l’argument d’une manipulation politique systématiquement avancée, selon lui, lorsque des personnalités publiques sont mises en cause. L’audience, initialement prévue sur une journée, a été marquée par des tensions et une tentative infructueuse de la défense d’obtenir un report de l’audience. La plaignante principale, absente ce vendredi, avait décrit la veille une relation de dépendance avec le maire, ce que ce dernier a contesté, reconnaissant seulement une « relation épisodique ».

Le parquet a également requis des peines d’emprisonnement avec sursis et d’inéligibilité à l’encontre de trois autres prévenus, accusés d’avoir participé aux pressions exercées sur la plaignante. L’issue de cette procédure déterminera si Laurent Degallaix, maire depuis 2012 et réélu au premier tour en 2020, pourra ou non se maintenir à la tête de la municipalité.

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