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Le gouvernement britannique resserre les conditions d’accès au séjour permanent

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Face à la pression de l’extrême droite, l’exécutif travailliste dévoile un train de mesures restrictives sur l’immigration légale, suscitant des inquiétudes dans sa propre base.

L’exécutif britannique a dévoilé lundi un projet visant à renforcer significativement les conditions d’obtention du titre de séjour permanent. Cette annonce intervient dans un contexte politique marqué par la progression électorale du parti Reform UK, formation d’extrême droite qui domine les enquêtes d’opinion. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a présenté ces nouvelles dispositions devant les militants travaillistes réunis en congrès à Liverpool, les présentant comme un moyen de préserver l’équilibre du pays.

Le dispositif prévoit que les résidents légaux devront satisfaire à six critères stables pour prétendre à l’installation définitive. Parmi ces exigences figurent l’occupation d’un emploi, l’absence de casier judiciaire, une contribution effective au système de protection sociale, une maîtrise avancée de la langue anglaise, la non-perception d’aides sociales et un engagement bénévole au niveau local. Cette approche contraste avec le système actuel qui accorde ce droit après cinq années de résidence légale, sans autres conditions particulières.

Cette orientation politique s’inscrit dans une série de mesures déjà engagées par l’administration Starmer pour encadrer les flux migratoires. Le gouvernement avait précédemment annoncé le relèvement des exigences académiques pour les visas de travail et l’extension de cinq à dix ans de la période de résidence requise avant toute demande de séjour permanent. Ces décisions font écho aux promesses de Reform UK, qui propose carrément la suppression pure et simple de ce statut.

La tension politique autour de ces questions s’est manifestée durant le congrès, où le premier ministre a qualifié le programme de l’extrême droite d’«immoral» et de «raciste». De son côté, la ministre de l’Intérieur, évoquant ses propres origines pakistanaises, a dénoncé la montée d’un «ethno-nationalisme» tout en appelant à comprendre les frustrations d’une partie de l’électorat.

Ces annonces ont provoqué des réactions contrastées au sein de la majorité. Si certains militants reconnaissent la nécessité de répondre aux préoccupations populaires, d’autres redoutent une dérive vers des positions trop restrictives. Un jeune militant de Sheffield a ainsi estimé que le gouvernement s’engageait dans une «fausse route» en adoptant un discours trop proche de celui de la droite, tandis qu’un autre participant soulignait les bénéfices économiques de l’immigration.

Parallèlement, une coalition d’organisations non gouvernementales, parmi lesquelles Oxfam et Save The Children, a interpellé la ministre de l’Intérieur pour lui demander de cesser de faire des migrants des «boucs émissaires». Le débat s’inscrit dans un contexte où les arrivées par la Manche continuent de défrayer la chronique, avec près de 900 personnes ayant traversé le détroit lors d’une seule journée récente.

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