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Économie

Le fish and chips, un pilier britannique sous tension économique

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La flambée des coûts de l’énergie et des matières premières, amplifiée par les tensions géopolitiques, met à rude épreuve la filière emblématique du célèbre plat de poisson frit et de frites, à l’approche d’une période traditionnellement faste.

Les professionnels du secteur font face à une pression croissante sur leurs marges. Les prix du carburant, en forte augmentation, grèvent directement les coûts de la pêche. Un capitaine de navire basé à Peterhead, en Écosse, constate que sa facture de gasoil a déjà doublé lors de sa dernière sortie en mer. Il anticipe des surcoûts annuels considérables et a d’ores et déjà adapté la vitesse de son bateau pour tenter de réaliser des économies. Cette hausse des charges opérationnelles pourrait, à terme, influencer le prix du poisson vendu aux enchères sur ce marché majeur du Royaume-Uni.

Cette inquiétude est partagée par les restaurateurs. Le président de la fédération nationale des vendeurs de poisson frit souligne la conjonction de facteurs défavorables, entre le renchérissement de la matière première, l’envolée des factures énergétiques et la progression continue des salaires. La période de Pâques, où la fréquentation des établissements peut doubler le Vendredi saint, constitue habituellement un temps fort de l’activité. Cette année, elle s’accompagne d’incertitudes quant au comportement des consommateurs, potentiellement dissuadés par la flambée des prix à la pompe.

Les défis structurels de la filière sont exacerbés par le contexte international. Les perturbations sur les marchés des hydrocarbures se répercutent sur les coûts du transport et de la friture. Par ailleurs, la fermeture virtuelle de voies maritimes stratégiques fait craindre des tensions sur l’approvisionnement en engrais, ce qui pourrait à son tour affecter le prix des pommes de terre. Cette situation s’ajoute aux conséquences persistantes du conflit en Ukraine, qui avait déjà bouleversé les chaînes d’approvisionnement, notamment pour l’huile de tournesol.

Face à cette accumulation de contraintes, les acteurs de la restauration explorent diverses stratégies pour préserver l’accessibilité de leur offre. Certains envisagent de proposer des espèces de poisson alternatives, au coût moindre, ou d’ajuster légèrement les portions. L’objectif avoué est de protéger le pouvoir d’achat de la clientèle et d’éviter, dans l’immédiat, une hausse des tarifs affichés. Le secteur, qui compte plus de dix mille établissements spécialisés au Royaume-Uni, tente ainsi de préserver l’équilibre délicat d’un plat populaire confronté à des réalités économiques complexes.

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