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Le coût de l’énergie plombe le quotidien des Syriens

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Dans un contexte économique dévasté, la flambée des tarifs de l’électricité place de nombreux foyers devant une équation impossible, où la facture mensuelle excède désormais le revenu.

À Damas, le simple geste de régler sa consommation d’énergie est devenu une épreuve insurmontable pour une partie de la population. Des retraités, des fonctionnaires et de nombreux salariés constatent, impuissants, que le montant à acquitter dépasse souvent l’intégralité de leurs revenus. Cette situation découle d’une révision drastique des tarifs, intervenue ces derniers mois, qui a multiplié le coût du kilowattheure par plusieurs dizaines.

Les autorités justifient cette mesure par la nécessité de réformer un secteur énergétique exsangue, dont les infrastructures ont été largement détruites après des années de conflit. L’objectif affiché est d’éviter un effondrement financier total et d’améliorer, à terme, la qualité d’un service aujourd’hui très défaillant. Dans la capitale, les coupures restent la norme, limitant l’accès au courant à quelques heures quotidiennes. En province, la situation est fréquemment plus critique.

Pour les économistes, le problème central réside moins dans le niveau des tarifs que dans l’effondrement du pouvoir d’achat. Le salaire minimum officiel, comme les pensions de retraite, se situe à un niveau qui ne permet plus de couvrir les besoins élémentaires. Cette distorsion place les ménages devant des choix cornéliens, les obligeant à se priver de chauffage l’hiver ou à renoncer à tout usage non essentiel de l’électricité.

Devant ce qui est perçu comme une injustice, des mouvements de protestation, certes limités, ont émergé ces derniers jours. Des rassemblements pacifiques se sont tenus, une nouveauté dans l’espace public syrien, où des citoyens ont brandi des pancartes dénonçant le coût prohibitif de l’énergie et réaffirmant son caractère de droit fondamental. Ces manifestations traduisent un mécontentement croissant face à des conditions de vie qui ne semblent pas s’améliorer, malgré les promesses de relance.

La solution pour de nombreux Syriens réside désormais dans des alternatives individuelles, comme l’installation de panneaux solaires, lorsque les moyens le permettent. Pour les autres, la précarité énergétique s’ajoute à une liste déjà longue de difficultés, dans un pays où la reconstruction, estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars, peine à se concrétiser dans le quotidien des habitants.

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