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Le congé paternité, un luxe inaccessible pour de nombreux indépendants
Malgré une réforme récente, les travailleurs non-salariés peinent à s’accorder un arrêt à la naissance d’un enfant, pour des raisons économiques et culturelles.
Cinq ans après son extension à vingt-cinq jours, le congé de paternité peine à s’imposer parmi les travailleurs indépendants. Les contraintes propres à leur statut, qu’il s’agisse de la gestion administrative, de la saisonnalité des activités ou simplement de la nécessité de maintenir l’activité, limitent considérablement son usage. Une étude récente confirme que près de six indépendants sur dix se contentent de la première semaine, désormais obligatoire, sans la prolonger.
Les motifs de cette réticence sont multiples. La crainte de perdre une clientèle ou de manquer des opportunités commerciales est fréquemment évoquée. Pour certains, comme un viticulteur du Vaucluse, les rendez-vous fixes et les impératifs techniques rendent toute absence prolongée difficilement envisageable. D’autres invoquent des considérations financières, les indemnités journalières pour les auto-entrepreneurs étant sensiblement inférieures à celles des salariés du privé.
Cette réalité contraste fortement avec les pratiques observées chez les salariés en contrat à durée indéterminée, parmi lesquels neuf sur dix prennent un congé supérieur à une semaine. La sécurité de l’emploi et un système d’indemnisation plus favorable semblent être des facteurs déterminants. Un salarié en CDI dans un cabinet de conseil souligne ainsi l’importance de ce temps pour la construction des liens familiaux, un choix qu’il avoue qu’il n’aurait peut-être pas osé faire avec un contrat précaire.
Paradoxalement, certains indépendants déclarent avoir officiellement pris leur congé tout en continuant une activité réduite, à distance. Un charpentier-couvreur reconnaît avoir travaillé une vingtaine d’heures par semaine durant le premier mois de son enfant, gérant devis et factures depuis son ordinateur. Cette situation illustre la difficulté à véritablement décrocher lorsque l’on est à son compte.
Au-delà des obstacles matériels, des représentations traditionnelles persistent. L’idée que la mère reste la figure parentale centrale dans les premiers temps, tandis que le père doit prioritairement assurer son rôle de pourvoyeur, est encore présente dans certains discours. L’objectif initial de la réforme, qui visait à rééquilibrer les responsabilités parentales et à lutter contre les inégalités professionnelles, se heurte donc à une double barrière, à la fois structurelle et culturelle.
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour prôner une obligation intégrale, estimant que seule une mesure contraignante et uniforme permettrait de garantir l’exercice de ce droit à tous. Pour l’heure, la concrétisation du congé de paternité reste, pour une large part des indépendants, un arbitrage complexe entre vie professionnelle et vie familiale, souvent résolu au détriment de cette dernière.
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