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Culture

Le compas haïtien, un patrimoine mondial en mouvement

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_**La musique et la danse emblématiques d’Haïti viennent d’être inscrites sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, une consécration pour ce rythme qui transcende les frontières et les crises.**_

Cette reconnaissance internationale intervient pour un art vivant qui rythme le quotidien de toute une nation. Des rues de Port-au-Prince aux communautés de la diaspora, le compas, ou konpa, constitue une véritable colonne sonore nationale. Sa pulsation caractéristique, portée par des guitares, des percussions et des claviers, anime aussi bien les transports en commun que les fêtes privées, invitant irrésistiblement à la danse.

Plus qu’un simple divertissement, cette expression artistique incarne une mémoire collective et une fierté résiliente. Dans un contexte souvent marqué par les difficultés, le compas représente un vecteur d’identité et de rayonnement pour le pays. Il offre une vitrine positive d’Haïti sur la scène internationale, à l’image de la récente qualification de son équipe de football pour la Coupe du monde.

Né officiellement sur scène en 1955 sous l’impulsion du saxophoniste Nemours Jean-Baptiste, ce genre musical puise ses racines dans un riche métissage. Il synthétise des influences africaines, des réminiscences de la période coloniale française, tout en s’imprégnant des musiques cubaines et dominicaines captées jadis sur les ondes radio. Cette hybridité foncière a nourri son universalité.

Des groupes pionniers comme Tabou Combo ont largement contribué à son exportation dès les années 1970, adaptant parfois leurs paroles en anglais ou en espagnol pour séduire un public toujours plus large. Aujourd’hui, sa présence prolifère sur les plateformes numériques, où des milliers de vidéos mettent en scène sa danse caractéristique, une marche sensuelle et cadencée basée sur un jeu de hanches et une connexion étroite entre les partenaires.

Cette inscription au patrimoine immatériel consacre un phénomène culturel qui persiste et se réinvente malgré les épreuves. Lorsque les salles de spectacle de la capitale se ferment, la pratique se déplace en province ou au sein des communautés haïtiennes à l’étranger. Le compas demeure ainsi un lien indéfectible, un patrimoine qui se transmet et vibre au gré des générations, affirmant la vitalité culturelle haïtienne.

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