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Le bison américain, architecte méconnu des écosystèmes de Yellowstone

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La réintroduction du plus grand mammifère terrestre d’Amérique du Nord transforme profondément les prairies du parc national, selon une étude scientifique majeure.

Le bison, figure emblématique des vastes étendues de l’Ouest américain, joue un rôle bien plus déterminant qu’on ne l’imaginait dans la régénération des écosystèmes. Une recherche publiée dans la revue Science démontre que le retour de ces animaux sur leurs territoires historiques entraîne une cascade de bénéfices écologiques, restaurant des équilibres naturels que l’on croyait à jamais disparus.

Grâce à leurs déplacements migratoires et leurs habitudes de pâturage, les bisons enrichissent significativement les sols en accélérant le cycle de l’azote. Les plantes broutées produisent un fourrage jusqu’à 150% plus riche en protéines, profitant à l’ensemble de la chaîne alimentaire, des wapitis aux antilopes. Leurs excréments et leur urine participent également à cette fertilisation naturelle, stimulant la diversité microbienne des prairies.

Autrefois présents par dizaines de millions, ces mammifères avaient été massivement exterminés durant la conquête de l’Ouest, réduits à quelques centaines d’individus au début du XXe siècle. Leur réintroduction progressive, notamment dans le parc de Yellowstone où quelque 5 000 spécimens évoluent librement, offre aujourd’hui aux scientifiques un laboratoire à ciel ouvert unique.

Les chercheurs soulignent que les bisons façonnent physiquement le paysage en maintenant une végétation courte et dense, tout en favorisant une étonnante variété floristique. Leur présence active contribue même à la capture du carbone dans les sols, un mécanisme écologique précieux dans le contexte actuel de changement climatique.

Cette renaissance écologique contraste avec les tensions persistantes entre protection de la faune et activités agricoles. Certains éleveurs perçoivent toujours ces animaux migrateurs comme une menace pour leurs exploitations, bien que les preuves scientifiques s’accumulent sur leur contribution globale à la santé des écosystèmes.

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