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Laurent Panifous, une nomination inattendue au cœur de l’Exécutif

Un élu d’opposition rejoint le gouvernement en pleine crise politique, suscitant interrogations et tensions au sein de son propre groupe parlementaire.
Laurent Panifous, président du groupe Liot à l’Assemblée nationale, a été nommé ministre des Relations avec le Parlement. Cette désignation surprend d’autant plus que son groupe se situe dans l’opposition, ce qui nécessitera une clarification de sa position vis-à-vis de l’action gouvernementale. Il prend la suite de Mathieu Lefèvre, reconduit il y a une semaine seulement et désormais responsable de la Transition écologique.
L’élu a annoncé sa décision aux membres de son groupe par un message interne, reconnaissant qu’il risquait « l’excommunication et la fin de sa carrière politique ». Cette révélation a été fraîchement accueillie par plusieurs de ses collègues. Député de la deuxième circonscription de l’Ariège, Laurent Panifous avait déjà suscité des interrogations en participant récemment à une réunion à Matignon avec les chefs de groupe du « socle commun », de Renaissance à Les Républicains.
Le nouveau ministre affirme ne pas partager les idées de la majorité présidentielle, mais justifie son engagement par la nécessité d’éviter un « chaos politique » si le gouvernement échouait à faire adopter le budget pour 2026. Il devra désormais œuvrer à conjurer cette menace à l’Assemblée, où le Rassemblement national et La France insoumise ont déjà annoncé le dépôt de motions de censure.
Élu député en 2022 avec le soutien de la socialiste Carole Delga, Laurent Panifous avait bénéficié de reports de voix d’électeurs opposés à Jean-Luc Mélenchon. Bien que suspendu du Parti socialiste depuis trois ans, il conserve des liens avec cette formation et a soutenu la motion de Nicolas Mayer-Rossignol lors du dernier congrès.
Ancien directeur d’Ehpad et maire du Fossat, cet élu de 48 ans, discret dans l’hémicycle bien qu’intervenant régulièrement sur les questions de santé, rejoint le gouvernement en pleine crise politique. Il estime participer à l’émergence d’« une nouvelle manière de faire de la politique », potentiellement utile en l’absence de majorité absolue après 2027.
Le ministre justifie son entrée au gouvernement par des concessions obtenues sur le 49.3, la fiscalité des plus fortunés, la valorisation du travail et les retraites. En 2023, il avait cosigné une proposition de loi avec la gauche visant à fixer à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite, en réponse à la réforme portant l’âge à 64 ans.

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