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Culture

L’art de la seconde vie, une œuvre monumentale née de la ferraille

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_**Dans la banlieue d’Islamabad, un artiste autodidacte redonne une âme aux rebuts métalliques. Ses créations spectaculaires, inspirées de la culture populaire, témoignent d’un savoir-faire unique et d’une vision singulière.**_

Au milieu d’un paysage industriel, dans un atelier où résonnent les percussions du métal, Ehtisham Jadoon assemble des pièces automobiles usagées. Sous ses mains, des éléments voués à la décharge se transforment en sculptures monumentales. Des figures imposantes, comme un lion à la crinière d’acier torsadé ou un tyrannosaure aux allures mécaniques, prennent progressivement forme parmi les amas de rouages, de chaînes et de carrosseries.

L’artiste, âgé de trente-cinq ans, puise son inspiration dans l’univers cinématographique et la puissance des formes animales. Sa dernière réalisation, un robot de plus de quatre mètres de haut inspiré d’un célèbre personnage de science-fiction, a nécessité plusieurs mois de travail. Plus de neuf dixièmes de la structure proviennent de composants de véhicules récupérés. Des ressorts de motocyclette forment les bras, des jantes épousent les épaules, tandis qu’un réservoir à carburant constitue la colonne vertébrale de l’œuvre.

Ancien pratiquant d’arts martiaux et ouvrier dans la sidérurgie, Jadoon n’a jamais suivi de cursus artistique académique. Sa méthode relève d’une approche intuitive. Il explique percevoir immédiatement le potentiel formel des objets qu’il rencontre. Son processus créatif consiste à assembler ces fragments comme les pièces d’un puzzle, leur insufflant une nouvelle existence. Cette pratique exigeante laisse des traces, l’artiste devant régulièrement consulter un médecin pour des brûlures aux mains et des lésions oculaires causées par les étincelles.

Ses œuvres, souvent massives et empreintes d’une certaine vigueur, sont pour lui le moyen de canaliser une énergie héritée de son passé sportif. La précision anatomique et les proportions de chaque sculpture demandent une attention constante et de multiples ajustements. Pour trouver la matière première de son art, il parcourt chaque semaine les dépôts de ferraille de la capitale pakistanaise, scrutant des tonnes de débris métalliques à la recherche de la pièce idéale.

Les propriétaires de ces casses saluent son travail, soulignant la valeur qu’il extrait de ce que d’autres considèrent comme des déchets. Son atelier est devenu un lieu où le rebut industriel acquiert une dimension esthétique et narrative, offrant une seconde vie spectaculaire à des matériaux oubliés.

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