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L’archipel finlandais déploie ses aéroglisseurs pour assurer la continuité scolaire

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Face à une banquise exceptionnellement étendue, les autorités maritimes finlandaises ont recours à des navires amphibies pour transporter les élèves résidant sur les îles. Cette solution technique, rarement utilisée, permet de maintenir le lien éducatif malgré des conditions hivernales particulièrement rigoureuses.

Dans le sud-ouest de la Finlande, le retour des écoliers chez eux prend parfois des allures d’expédition polaire. Cet hiver, l’épaisseur inhabituelle de la glace sur la mer Baltique a contraint la compagnie maritime publique à remplacer ses ferries habituels par des aéroglisseurs. Ces embarcations, équipées de coussins d’air, glissent au-dessus de la surface gelée pour relier le continent aux nombreuses îles habitées de l’archipel de Pargas. Pour des enfants comme Hugo, Julia ou Nils-Johan, le trajet quotidien est ainsi devenu une aventure singulière, ponctuée d’observations de la faune locale, aigles de mer ou loups, peu habitués à ce type d’engin.

Le capitaine Jalo Sampsa, aux commandes de l’appareil nommé « Snövit », souligne l’efficacité de ce mode de transport dans ces circonstances exceptionnelles. Alors qu’un ferry conventionnel mettrait plusieurs heures à briser la glace, l’aéroglisseur effectue la même traversée en une dizaine de minutes. Cette rapidité est toutefois contrebalancée par une navigation exigeante, nécessitant une attention de chaque instant face aux caprices du vent, du brouillard ou de la neige. L’initiative, qui n’avait été déployée que deux fois au cours des quinze dernières années, répond à une situation météorologique remarquable. Les chercheurs de l’Institut météorologique finlandais confirment que l’étendue de la banquise dans la région cet hiver est la plus importante enregistrée depuis 2011.

Cette parenthèse glaciale, cependant, s’inscrit dans une tendance climatique plus large de réchauffement des hivers nordiques. La mer Baltique figure parmi les mers côtières dont la température augmente le plus rapidement à l’échelle mondiale. Les périodes de froid intense et durable, permettant la formation d’une glace suffisamment épaisse et étendue, se font plus rares. Le record de faible couverture glaciaire date d’ailleurs de 2020. Ainsi, le paysage de l’archipel est appelé à se transformer rapidement avec le retour prochain des oiseaux migrateurs et la fonte des glaces. La vie insulaire reprendra alors son cours habituel, avec la reprise du trafic maritime classique et le retour des résidents secondaires dans leurs maisons souvent dépourvues de conforts modernes. Pour l’instant, le capitaine observe déjà une fine pellicule d’eau recouvrant la glace, signe avant-coureur de la débâcle printanière.

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