Économie
L’ancien dirigeant de Casino face à la justice pour des pratiques financières contestées
_**Le tribunal correctionnel de Paris rendra ce jeudi après-midi sa décision dans le dossier visant l’ex-PDG du groupe de distribution, Jean-Charles Naouri, ainsi que l’entreprise elle-même et plusieurs autres protagonistes, poursuivis pour des faits présumés de corruption et de manipulation des marchés financiers.**_
L’audience de jugement s’est tenue cet automne, à l’issue de laquelle le ministère public a formulé des demandes de condamnations sévères. Les magistrats du Parquet national financier ont sollicité à l’encontre de M. Naouri une peine de quatre années d’emprisonnement, dont une ferme avec aménagement, accompagnée d’une amende de deux millions d’euros. La société Casino, en sa qualité de personne morale, est quant à elle exposée à une sanction pécuniaire de soixante-quinze millions d’euros.
Les débats ont permis d’examiner des agissements s’étalant sur plusieurs mois, entre la fin de l’été 2018 et le milieu de l’année 2019. Les représentants de l’accusation ont décrit une stratégie coordonnée visant à influencer artificiellement la valeur boursière du titre, alors en forte tension. Ils ont évoqué la diffusion d’une communication biaisée, présentée comme un « feuilleton manipulatoire », impliquant selon eux la direction de l’enseigne ainsi que le patron de presse Nicolas Miguet.
Ce dernier est accusé d’avoir utilisé ses supports médiatiques pour soutenir le cours de l’action, notamment auprès des petits porteurs, sans révéler l’existence d’une convention de conseil le liant financièrement au groupe Casino, d’un montant d’environ huit cent mille euros. Cette période correspondait à une phase de fragilité aiguë pour l’entreprise, confrontée à des interrogations des analystes sur sa solidité financière et à la nécessité impérieuse d’alléger son endettement, son action ayant atteint des niveaux historiquement bas.
Tous les prévenus ont plaidé l’acquittement. La défense de la société Casino, reprise depuis par l’homme d’affaires Daniel Kretinsky, a notamment fait valoir une rupture totale avec la période incriminée, tant sur le plan structurel que gouvernance, et a qualifié les réquisitions de disproportionnées. À l’égard de M. Miguet, le parquet a requis une peine de quatre ans d’emprisonnement ferme, avec une amende personnelle de huit cent cinquante mille euros, ainsi qu’une sanction de un million cinq cent mille euros pour ses sociétés. Des peines d’emprisonnement avec sursis et des amendes substantielles ont également été demandées contre trois anciens cadres du groupe.
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