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L’ancien directeur de la DGSE face à la justice pour des méthodes controversées

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L’ex-patron des services secrets extérieurs français comparaît pour son implication présumée dans une affaire de pressions exercées sur un homme d’affaires. Bernard Bajolet affirme n’avoir jamais ordonné d’action coercitive.

L’ancien directeur général de la DGSE, Bernard Bajolet, a présenté jeudi sa défense devant le tribunal correctionnel de Bobigny. L’octogénaire, qui dirigea les services secrets français entre 2013 et 2017, répond de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Ces accusations découlent d’une opération menée en mars 2016 à l’encontre d’Alain Dumenil, homme d’affaires franco-suisse impliqué dans de nombreux contentieux judiciaires.

L’affaire remonte au 12 mars 2016, lorsque M. Dumenil fut intercepté à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la Suisse. Conduit dans une salle sous prétexte de vérification de son passeport, il s’est retrouvé face à deux agents de la DGSE en civil. Ces derniers lui auraient intimé l’ordre de rembourser quinze millions d’euros à l’État français, tout en lui montrant des clichés photographiques de lui-même et de membres de sa famille, selon des sources judiciaires.

L’ancien responsable a reconnu que les événements ne s’étaient pas déroulés conformément à ses attentes. « Ce n’est pas du tout ce que j’ai autorisé », a-t-il déclaré à la barre, qualifiant la méthode employée d’inappropriée. M. Bajolet a expliqué avoir validé rapidement cette intervention en raison d’autres préoccupations liées au contexte sécuritaire de l’époque, marqué par plusieurs tentatives d’attentats.

Le différend financier à l’origine de cette affaire concerne des placements effectués par les services secrets sur un fonds privé, traditionnellement géré pour assurer l’autonomie de l’institution en cas de crise majeure. La DGSE estime avoir subi un préjudice financier important suite à des manœuvres attribuées à M. Dumenil, qui aurait détourné des actifs via un montage complexe de sociétés écrans.

Les débats ont également porté sur la gestion de ce patrimoine confidentiel, que l’ancien directeur a qualifié de « mal placé » tout en soulignant son caractère essentiel pour la continuité de l’État. L’affaire, selon l’avocat de l’homme d’affaires, illustrerait une dérive dans l’utilisation des moyens régalians pour régler des contentieux privés.

L’audience se poursuivra jusqu’à vendredi soir, laissant attendre des développements supplémentaires sur les circonstances exactes de cette opération et les responsabilités individuelles.

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