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La Thaïlande face à l’engouement démesuré pour les lions domestiques

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Un phénomène en pleine expansion menace autant les félins que la sécurité publique, tandis que les législations peinent à encadrer cette pratique à haut risque.

Derrière des grilles, dans des arrière-cours ou des établissements spécialisés, des centaines de lions vivent aujourd’hui en captivité en Thaïlande. Ces animaux, autrefois réservés aux zoos, sont désormais considérés comme des compagnons exotiques par une poignée d’amateurs et d’éleveurs. Leur nombre a triplé en six ans, dépassant les 500 individus recensés, sans compter ceux qui échappent aux statistiques officielles.

Les réseaux sociaux ont amplifié cette tendance, mettant en scène des interactions entre humains et félins, souvent présentées comme anodines. Certains propriétaires, cumulant des millions d’abonnés, affirment vouloir démontrer la docilité de ces prédateurs. Pourtant, les spécialistes soulignent les dangers d’une telle proximité, tant pour les animaux que pour leurs propriétaires.

La législation thaïlandaise, bien que révisée en 2022, reste lacunaire. Si elle impose l’enregistrement et la puçage des lions domestiques, elle ne régule ni leur reproduction ni les conditions de détention. Les hybrides, comme les ligres – croisement entre lions et tigres –, échappent à tout cadre juridique. Par ailleurs, les délais pour déclarer les naissances laissent une marge propice aux trafics.

Le commerce de ces félins prospère, avec des prix variant entre 13 000 et 21 000 euros pour un lionceau. Certains éleveurs, reconvertis après l’effondrement du marché des crocodiles, alimentent cette demande croissante. Les cafés animaliers, où les visiteurs paient pour photographier ou caresser des lionceaux, constituent un débouché lucratif mais éphémère. Une fois trop grands, ces animaux sont souvent abandonnés ou revendus, parfois dans des conditions douteuses.

Les conséquences génétiques et sanitaires préoccupent également les experts. La popularité des lions blancs, issus de mutations rares, accroît les risques de consanguinité et de maladies. Les autorités reconnaissent la complexité du problème, tiraillées entre la nécessité de contrôler cette prolifération et les coûts exorbitants liés à la prise en charge des animaux saisi.

Alors que plusieurs pays ont interdit la possession de grands félins, la Thaïlande pourrait durcir sa réglementation. Pour l’heure, les défenseurs de la faune sauvage rappellent une évidence : ces animaux n’ont rien de domestiques, et leur place reste dans leur habitat naturel.

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