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La Thaïlande choisit son avenir dans un scrutin aux enjeux multiples

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Les électeurs thaïlandais se sont rendus aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées, dans un contexte politique complexe et une conjoncture économique difficile. Le scrutin pourrait redessiner les équilibres de pouvoir dans le royaume.

Les urnes ont ouvert ce dimanche matin pour accueillir les suffrages de plus de cinquante millions d’électeurs. Ce rendez-vous électoral, convoqué de manière anticipée, intervient après une séquence politique marquée par une certaine instabilité institutionnelle. L’opposition réformiste, incarnée par le Parti du peuple, partait favorite dans les derniers sondages, bénéficiant d’une forte attente de changement au sein d’une partie de la population.

Cependant, les observateurs politiques estiment qu’une majorité absolue pour une seule formation reste improbable. La configuration actuelle laisse entrevoir des négociations post-électorales intenses pour la formation d’une coalition gouvernementale. Le paysage apparaît en effet fragmenté entre les forces réformistes, les conservateurs du Bhumjaithai actuellement au pouvoir, et le parti populiste Pheu Thai, historiquement influent mais en perte de vitesse.

Dans ce cadre, le Premier ministre sortant, Anutin Charnvirakul, semble bien positionné pour briguer un nouveau mandat. Son accession à la tête du gouvernement l’an dernier avait mis fin à une période de fluctuations politiques largement influencées par des décisions de justice. Le prochain exécutif devra également composer avec une croissance économique atone, une concurrence régionale accrue, et un secteur touristique qui peine à retrouver son niveau d’activité antérieur à la pandémie.

La gestion d’un contentieux frontalier ancien avec le Cambodge, source de tensions récurrentes, figurera également parmi les dossiers urgents. Des affrontements meurtriers ont éclaté à deux reprises l’année dernière, suscitant l’inquiétude des populations riveraines. Le score du Pheu Thai, formation liée à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, sera scruté avec attention. Malgré son déclin, le parti pourrait jouer un rôle d’arbitre ou de partenaire indispensable dans toute coalition, cherchant à préserver son influence.

Les réformistes du Parti du peuple, dont le prédécesseur avait été dissous par la justice en 2023 après une victoire électorale, espèrent cette fois concrétiser leur succès annoncé dans les urnes. Leur chef de file a réitéré sa promesse de former un « gouvernement du peuple ». Parallèlement au scrutin législatif, un référendum est organisé sur le principe d’une révision de la Constitution, texte hérité de la période suivant le dernier coup d’État militaire de 2014. Cette consultation, sans proposition concrète, reflète les débats sur l’équilibre des pouvoirs, notamment le rôle du Sénat, dont les membres ne sont pas élus au suffrage universel.

La campagne a été marquée par des propositions contrastées, entre les promesses de réforme institutionnelle et sociale d’un côté, et les appels au nationalisme de l’autre, ravivés par les récents incidents frontaliers. L’issue du vote et les alliances qui en découleront détermineront la capacité du prochain gouvernement à répondre aux attentes économiques et sociales des Thaïlandais, dans un système politique où les transitions de pouvoir restent souvent semées d’embûches.

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