Nous rejoindre sur les réseaux

News

La symphonie thérapeutique de Toulouse inspire la France

Article

le

Une initiative originale, née d’un partenariat entre l’Orchestre National du Capitole et des établissements de santé mentale, propose à des patients d’assister aux répétitions des musiciens. Ce dispositif, baptisé « Résonance(s) », connaît un essor national.

Dans l’écrin de la Halle aux Grains à Toulouse, une assistance singulière se mêle aux accords de Berlioz. Une vingtaine de personnes suivies en psychiatrie sont invitées à partager l’intimité d’une répétition de l’orchestre symphonique. Ce rendez-vous, organisé à raison de quatre fois par an, constitue le cœur d’un projet visant à favoriser le rétablissement par une expérience collective et sensorielle. L’idée est de sortir du cadre purement médical pour offrir un espace de reconnexion à soi et aux autres.

Assister au travail des instrumentistes, dans une atmosphère moins formelle que celle d’un concert, facilite l’identification. Vêtus simplement, concentrés sur leur partition, les musiciens dévoilent le processus créatif. Pour les participants, souvent confrontés à l’isolement, cette immersion permet de partager une émotion esthétique commune. L’écoute active, parfois ponctuée de notes prises sur un carnet, engage une forme de dialogue intérieur avec les œuvres interprétées.

À l’issue de la séance, un temps d’échange est organisé avec certains artistes. Les questions fusent, portant autant sur la technique instrumentale que sur le ressenti face à la musique. Les témoignages des patients évoquent fréquemment une libération des émotions contenues, une sensation d’être compris sans mots, ou encore la découverte d’une forme de légitimité dans leurs propres fluctuations intérieures. La mélancolie d’un mouvement peut ainsi faire écho à une tristesse personnelle, mais dans un cadre artistique qui la sublime et la partage.

À l’origine de ce dispositif, une psychiatre spécialisée en réhabilitation psychosociale y voit un outil puissant pour aider les personnes à se percevoir au-delà de leur diagnostic. L’objectif est de travailler sur l’image de soi et de recréer du lien social par le biais d’une synchronicité émotionnelle induite par la pratique orchestrale. L’expérience semble agir comme un catalyseur, permettant à certains de se sentir intégrés à une dynamique collective, à l’unisson des intentions du chef et des phrasés des musiciens.

Face au succès rencontré depuis son lancement, le modèle toulousain essaime désormais dans plusieurs villes françaises. Des orchestres prestigieux ont rejoint l’aventure au début de l’année, et d’autres institutions musicales prévoient de mettre en place des projets similaires à l’automne. Cette expansion témoigne de la reconnaissance croissante, dans le milieu soignant et culturel, du rôle que peut jouer l’art dans le parcours de rétablissement.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus