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La surveillance électronique, nouvelle frontière de la lutte pour les droits des migrants

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À Minneapolis, un bras de fer technologique oppose les autorités fédérales américaines aux défenseurs des immigrés. Alors que les premières investissent massivement dans des outils de traçage, les seconds développent des applications pour protéger les populations vulnérables.

L’enjeu de la surveillance est devenu central dans les tensions autour de la politique migratoire aux États-Unis. Dans la ville de Minneapolis, épicentre de nombreuses mobilisations, chaque camp déploie des moyens numériques sophistiqués pour affirmer sa position. D’un côté, les services de l’immigration consacrent des budgets considérables à l’acquisition de technologies de pointe. De l’autre, des collectifs et des entrepreneurs mettent au point des solutions destinées à contrer ces dispositifs et à offrir une assistance juridique immédiate.

Parmi ces innovations civiles, une application nommée TurnSignl connaît un essor notable. Conçue initialement pour répondre aux inquiétudes liées aux contrôles routiers, elle a été adaptée pour venir en aide aux personnes confrontées aux interventions des agents fédéraux. Son fonctionnement permet à l’utilisateur d’alerter en quelques secondes un avocat spécialisé et d’enregistrer automatiquement l’interaction sur un serveur sécurisé. Ces éléments peuvent ensuite être versés à une procédure judiciaire. Son créateur, un avocat du Minnesota, estime que cet outil contribue à rétablir un certain équilibre dans des situations souvent asymétriques.

Les autorités, quant à elles, ont considérablement renforcé leurs capacités de suivi et d’identification. Des documents officiels révèlent des dépenses de plusieurs millions de dollars pour des logiciels de reconnaissance faciale ou d’extraction de données depuis des téléphones portables. Un contrat substantiel a également été signé avec la société Palantir pour développer une plateforme intégrée de ciblage des personnes en situation irrégulière. Ces pratiques ont parfois franchi les frontières, comme en témoigne la controverse en France autour d’un partenariat entre les services américains et un groupe informatique hexagonal.

En réaction à cette surveillance accrue, des militants locaux ont constitué une base de données recensant les véhicules en service dans la région. Accessible par une interface vocale, elle permet aux conducteurs de vérifier les plaques d’immatriculation en temps réel. Parallèlement, l’usage de messageries cryptées s’est généralisé pour coordonner des actions de solidarité ou alerter sur des opérations en cours. Cette mobilisation numérique a suscité des réactions au plus haut niveau de l’État, certains responsables mettant en garde contre des dispositifs qui pourraient, selon eux, entraver le travail des forces de l’ordre.

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